Alors que Donald Trump a changé de ton, l’un de ses plus proches conseillers reconnaît « un manquement au protocole ».
Nouveau rétropédalage pour l’administration Trump. Après les meurtres de Renée Good et d’Alex Pretti par des agents fédéraux de l’ICE, la Maison-Blanche a changé sa stratégie, et même sa lecture des événements.
Après plusieurs sorties appelant à l’apaisement de Donald Trump, c’est au tour de son très influent conseiller Stephen Miller de changer de braquet sur le sujet. Mardi 27 janvier, il a suggéré que la mort Alex Pretti à Minneapolis a pu résulter d’un manquement au « protocole » des agents fédéraux qui l’ont tué.
« Les renforts envoyés dans le Minnesota pour une mission de protection devaient être utilisés pour conduire des opérations rapides créant une barrière entre les équipes procédant aux arrestations et les perturbateurs », a-t-il développé. « Nous examinons pourquoi l’équipe de la police de protection des frontières pourrait ne pas avoir suivi le protocole. »
Un revirement inattendu. Juste après la mort de l’infirmier, ce même conseiller avait pris la défense des agents de la police aux frontières qui ont abattu l’homme de 37 ans, le traitant d’« assassin en puissance ».
Ce que dit l’enquête
Ce virage aurait-il quelque chose à voir avec le rapport préliminaire du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), dévoilé par CNN ? Le texte de l’organisme de surveillance indique bien que le soignant a été abattu par les forces de l’ordre après avoir résisté à son arrestation… Mais ne fait aucune mention des allégations selon lesquelles Pretti aurait brandi une arme lors de l’incident.
Le rapport ne confirme par ailleurs aucunement les déclarations antérieures, selon lesquelles M. Pretti « voulait faire le plus de dégâts possible et massacrer les forces de l’ordre ».
La Maison-Blanche change son fusil d’épaule
Depuis 48 heures, la Maison-Blanche a changé de ton sur ce drame Donald Trump lui-même a qualifié la mort de l’infirmier de « tragédie », et a assuré : « Je vais surveiller l’enquête sur la mort d’Alex Pretti. Je veux une enquête honorable et honnête. J’y veillerai personnellement. J’aime tout le monde, j’aime toute notre population, j’aime sa famille et c’est une situation très triste. »
Sa porte-parole Karoline Leavitt lui a emboîté le pas, et le chef de facto de la police des frontières américaines, Gregory Bovino, a été écarté de sa mission à Minneapolis.
Le tout survient alors que l’opinion publique des citoyens américains est, elle aussi, défavorable aux actions de l’ICE. D’après un sondage de Reuters, en partie réalisé après la mort d’Alex Pretti, 39 % des Américains seulement sont satisfaits de la performance de Donald Trump sur l’immigration. 53 % sont mécontents. Enfin, 6 Américains sur 10 jugent que les opérations de l’ICE vont « trop loin », et un Européen sur deux considère désormais Trump comme un « ennemi ».

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