Le président américain s’est exprimé longuement ce mercredi au forum économique de Davos. Morceaux choisis.
Ce mercredi, le président des États-Unis a parlé pendant plus d’une heure et demie au forum économique de Davos, en Suisse. Une logorrhée pleine d’autosatisfaction, parfois difficile à suivre, dans laquelle il a fustigé le mandat de Joe Biden, vanté le succès retrouvé de l’économie américaine et mis en garde les Européens sur le présumé déclin de leur continent. « Certains endroits en Europe ne sont même plus reconnaissables, franchement… », a-t-il lâché.
Nous reproduisons ici quelques morceaux choisis de ce discours, classés par thèmes pour plus de lisibilité. Et en rappelant, bien sûr, que ses propos et ses chiffres sont à mettre en perspective.
Le redressement économique américain
« Après douze mois de retour à la Maison-Blanche, notre économie est en plein essor. L’administration Biden nous a légué une « stagflation » – faible croissance et forte inflation. Aujourd’hui, nous connaissons l’opposé : pratiquement aucune inflation (1,6 % sur les trois derniers mois) et une croissance extraordinaire. La croissance du quatrième trimestre devrait atteindre 5,4 %, bien plus que prévu. Depuis l’élection, le marché boursier a établi 52 records historiques en un an, ajoutant 9 000 milliards de dollars aux comptes de retraite. Nous avons sorti plus d’1,2 million de personnes du programme de bons alimentaires. Après quatre ans durant lesquels Biden a obtenu moins de 1 000 milliards de dollars de nouveaux investissements, nous avons obtenu des engagements pour un montant record de 18 000 milliards de dollars, probablement plus proche de 20 000 milliards. Cela n’a jamais été fait par aucun pays. L’économie américaine croît au double du taux projeté par le FMI. Quand l’Amérique prospère, le monde entier prospère. Nous sommes le moteur économique de la planète ».
Les réformes de l’État et de la fiscalité
« Nous avons supprimé plus de 270 000 bureaucrates des effectifs fédéraux, la plus grande réduction depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Nous avons réduit les dépenses fédérales de 100 milliards de dollars et le déficit budgétaire de 27 % en une seule année. J’ai supprimé 129 réglementations pour chaque nouvelle réglementation approuvée. En juillet, nous avons institué les plus grandes baisses d’impôts de l’histoire américaine : aucun impôt sur les pourboires, aucun impôt sur les heures supplémentaires, aucun impôt sur la sécurité sociale pour nos seniors. Nous avons fourni un amortissement à 100 % pour tous les nouveaux investissements en capital. Les entreprises peuvent déduire immédiatement la totalité d’une usine, plutôt que d’attendre 38 à 41 ans. C’est un programme sur 10 ans qui a transformé l’investissement ».
La révolution commerciale et les tarifs douaniers
« Nous perdions plus de 1 000 milliards de dollars chaque année avec le plus grand déficit commercial de l’histoire mondiale. En un an, j’ai réduit notre déficit commercial mensuel de 77 %, sans inflation – chose que tout le monde disait impossible. Les exportations américaines sont en hausse de plus de 150 milliards de dollars. La production d’acier est en hausse de 300 000 tonnes par mois et va doubler dans les quatre prochains mois. La construction d’usines est en hausse de 41 %.
Nous avons conclu des accords commerciaux historiques avec des partenaires couvrant 40 % du commerce américain : nations européennes, Japon, Corée du Sud. J’ai obtenu la politique de la nation la plus favorisée pour les prix des médicaments. Une pilule qui coûte 10 dollars à Londres coûtait 130 dollars à New York. L’Amérique subventionnait chaque nation. J’ai appelé chaque dirigeant et utilisé les tarifs comme levier. Nos prix des médicaments vont baisser de 90 %. Nous paierons le prix le plus bas du monde ».
La politique énergétique
« J’ai arrêté les politiques énergétiques destructrices qui faisaient grimper les prix. Sous Biden, les nouvelles concessions de pétrole et de gaz ont chuté de 95 %, et plus de 100 centrales électriques ont été fermées. Sous ma direction, la production de gaz naturel et de pétrole américains est à un niveau record. La production de pétrole est en hausse de 730 000 barils par jour. Nous avons récupéré 50 millions de barils du Venezuela. Le prix de l’essence est maintenant en dessous de 2,50 dollars le gallon dans de nombreux États, bientôt moins de 2 dollars. J’ai signé un ordre pour l’approbation de nombreux nouveaux réacteurs nucléaires. Les progrès en sécurité sont incroyables. Pour l’IA, j’ai autorisé les grandes entreprises à construire leur propre capacité électrique, leurs propres centrales. Nous créons autant d’énergie que la Chine, voire plus. Pendant ce temps-là, l’Europe a investi dans une arnaque écologique, la « Green New Scam »… L’Allemagne génère 22 % d’électricité en moins qu’en 2017, avec des prix 64 % plus élevés. Le Royaume-Uni produit un tiers de l’énergie de 1990 et est assis sur la mer du Nord, l’une des plus grandes réserves au monde. Leurs prix ont flambé de 139 %. Plus un pays a d’éoliennes, plus il perd d’argent. La Chine fabrique les éoliennes mais n’en utilise aucune. Elles tuent les oiseaux, ruinent les paysages. Au lieu de construire des éoliennes, nous les démontons ».
Logement, crédit et pouvoir d’achat
« Les géants de Wall Street ont fait grimper les prix en achetant des centaines de milliers de maisons occupées par une seule famille. J’ai signé un décret interdisant aux grands investisseurs institutionnels d’acheter des maisons unifamiliales. L’Amérique ne deviendra pas une nation de locataires. J’appelle le Congrès à passer cette interdiction en loi permanente. Les compagnies de cartes de crédit facturent aux Américains des taux d’intérêt de 28 à 32 %. Je demande au Congrès de plafonner les taux à 10 % pour un an. Cela aidera des millions d’Américains à épargner. Je travaille pour assurer que l’Amérique reste la capitale crypto du monde. Le Congrès travaille sur la législation Bitcoin que j’espère signer bientôt. C’est une mesure populaire, mais surtout, nous devons empêcher la Chine de mettre la main dessus. J’ai donné instruction d’acheter jusqu’à 200 milliards de dollars en obligations hypothécaires pour réduire les taux d’intérêt. Le taux hypothécaire moyen à 30 ans est tombé en dessous de 6 % pour la première fois depuis des années. J’annoncerai un nouveau président de la Fed dans un avenir proche. »
Immigration et sécurité intérieure
« En 2024, les États-Unis ont construit moins de 2 millions de nouvelles maisons, mais Biden a admis plus de 8 millions de nouveaux migrants. En 2025, pour la première fois en 50 ans, nous avons inversé le solde migratoire. Washington D.C. est maintenant l’endroit le plus sûr aux États-Unis. C’était très dangereux. Mais nous avons envoyé l’armée, la Garde Nationale. En trois mois, c’est devenu sûr et magnifique. À Memphis, à La Nouvelle-Orléans, nous avons réduit le crime de 64 % en un mois. Nous coupons l’aide sociale aux étrangers illégaux. Il n’y aura plus de paiements aux villes sanctuaires qui protègent les criminels. Nous sévissons contre 19 milliards de dollars de fraude volés par des bandits somaliens au Minnesota. Nous avons dégommé les pirates et les bateaux de drogue, y compris des mini-sous-marins. L’Occident ne peut pas importer en masse des cultures étrangères qui ont échoué à construire une société prospère… »
L’Otan, le Groenland et la sécurité internationale
« La guerre avec l’Ukraine n’aurait jamais commencé si l’élection de 2020 n’avait pas été truquée. Biden a donné à l’Ukraine et à l’Otan 350 milliards de dollars. Je travaille sur cette guerre depuis un an, période durant laquelle j’ai résolu huit autres conflits. Les États-Unis sont très loin de l’Europe. Un grand océan nous sépare. Jusqu’à ce que j’arrive, les États-Unis payaient pour 100 % de l’Otan. Le mois dernier, 31 000 soldats sont morts en Ukraine. Le mois d’avant, 27 000. C’est un bain de sang. Je veux arrêter ça. Trop de jeunes gens meurent inutilement. Je rencontre Zelensky aujourd’hui. Lui et Poutine doivent arrêter cette guerre. J’ai un immense respect pour le peuple du Groenland et du Danemark, mais aucune nation n’est en position de sécuriser le Groenland mieux que les États-Unis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Danemark est tombé après six heures de combat. Les États-Unis ont installé des bases au Groenland, nous nous sommes battus pour le Danemark, puis après la guerre nous l’avons rendu. À quel point étions-nous stupides ? Sans les États-Unis, tout le monde parlerait allemand, et peut-être un peu japonais.
Le Groenland est un vaste territoire presque inhabité dans un emplacement stratégique clé entre les États-Unis, la Russie et la Chine. Cette énorme île non sécurisée fait partie de l’Amérique du Nord. C’est un intérêt central de sécurité nationale. Les présidents américains cherchent à acheter le Groenland depuis près de deux siècles. En 2019, le Danemark a dit qu’ils dépenseraient 200 millions pour renforcer les défenses, mais ils ont dépensé moins de 1 % de ce montant.
Je vise l’acquisition du Groenland, comme nous avons acquis de nombreux territoires. Ce ne serait pas une menace pour l’Otan, ce serait améliorer grandement la sécurité de l’alliance. Nous avons dépensé des milliers de milliards pour l’Otan et n’avons rien obtenu en retour. Tout ce que nous demandons, c’est le Groenland, où nous allons construire le plus grand dôme doré (Golden Dome) jamais construit, qui défendra aussi le Canada. Vous avez un choix : dire oui et nous serons reconnaissants, ou dire non et nous nous en souviendrons.
Nous allons ramener nos cuirassés – 100 fois plus puissants que ceux de la Seconde Guerre mondiale. Nous avons un budget de défense de 1 500 milliards de dollars. Nous avons anéanti la menace nucléaire iranienne, éliminé Soleimani, al-Baghdadi, réglé le sujet Venezuela. Tout a été parfaitement exécuté. Nous fabriquons les meilleures armes du monde. J’ai mis un plafond sur les salaires des dirigeants de la défense et interdit les rachats d’actions. Ils vont construire de nouvelles usines pour faire des Tomahawks, des Patriots, des F-35, le nouveau F-47 – le premier avion furtif de sixième génération. »

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