Si le régime cubain condamne fermement l’intervention militaire qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro, des habitants confient leur espoir de voir la situation changer dans leur pays.
À Cuba, les forces armées se préparent à une invasion des États-Unis depuis… 1959. Les opérations américaines au Venezuela n’ont fait que renforcer l’état d’alerte. Quelques heures après la nouvelle de l’enlèvement de Nicolas Maduro, le Premier ministre cubain, le colonel Manuel Marrero Cruz, a appelé à une mobilisation de la communauté internationale pour défendre toute l’Amérique latine ainsi que les Caraïbes. Car son pays pourrait être le prochain sur la liste.
Interrogé dans l’émission politique de NBC News Meet the Press, le secrétaire d’État américain Marco Rubio, dont les parents ont fui Cuba à l’époque du dictateur Fulgencio Batista, n’a pas mâché ses mots. À la question « le gouvernement cubain est-il la prochaine cible de l’administration Trump ? », il a répondu : « Le gouvernement cubain est un énorme problème… Je pense qu’ils sont dans une très mauvaise posture, oui. »
Au sein de la population pourtant, certains se réjouissent de la fin de l’ère Maduro. « Je suis contente, le Venezuela est libre. J’espère qu’après Caracas, ce sera au tour de Cuba », confie Camila, une ancienne restauratrice havanaise. D’autres, souvent parmi les plus âgés et plus pauvres, défendent toujours la révolution… sans y croire vraiment.
« Ces gens sont des abrutis. Ils pensent que la Russie va intervenir contre les États-Unis parce qu’il y a quelques conseillers russes au Venezuela. Comme beaucoup de Cubains, ils confondent la Russie et l’Union soviétique qui nous a aidés autrefois », explique Yenifer, une infirmière de 35 ans, qui vit à Santiago de Cuba. Selon elle, les habitants de l’est du pays sont davantage communistes que ceux de la capitale. Quant aux plus aisés et aux exilés, ils ne rêvent que de la fin du castrisme.
« Les gens ne parlent que de l’invasion du Venezuela »
« À Cuba, tout n’est pas forcément mauvais. Mais je souhaite un changement. Nous méritons d’être plus libres, d’avoir de la nourriture, des médicaments », tempère Camila, qui a pu voyager à l’étranger.
Yenifer, elle, est tellement désespérée par l’état de son pays qu’elle en vient à espérer le pire. « Que les Américains bombardent Cuba et qu’on en finisse. Ce sera toujours mieux que la situation actuelle », confiait-elle il y a quelques semaines. Depuis le raid américain, l’infirmière suit l’actualité d’encore plus près. « Les gens ne parlent que de l’invasion du Venezuela par les “Yumas” [les Américains, NDLR]. La plupart disent que c’est une bien mauvaise chose et que la situation alimentaire va empirer à Cuba. »
Une situation instable, voire chaotique, au Venezuela pourrait avoir des répercussions à Cuba. La Havane est dépendante du pétrole vénézuélien, même si les exportations étaient en baisse depuis quelque temps. Sans le Venezuela, la plus grande île des Caraïbes pourrait se retrouver à sec, entraînant des pénuries d’essence dans les transports en commun et des coupures d’électricité. Quant aux milliers de médecins et infirmières cubaines, qui constituent une très importante source de revenus pour l’île, ils devraient rapidement quitter Caracas.

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