Le président des États-Unis a franchi un pas supplémentaire dans le conflit qui l’oppose au Venezuela. Il a annoncé ce mardi un blocus maritime dans les Caraïbes.
C’est une guerre à bas bruit qu’il mène dans les eaux des Caraïbes. Mais ce mardi 16 décembre, Donald Trump a franchi un nouveau cap : le président des États-Unis impose dorénavant un « blocus total » contre les pétroliers sous sanction du Venezuela, et souhaite empêcher toute circulation de ces navires.
C’est une nouvelle fois sur son réseau Truth Social que le locataire de la Maison-Blanche a annoncé la nouvelle. Il y a assuré que le Venezuela est désormais « complètement encerclé par la plus grande armada jamais rassemblée dans l’histoire de l’Amérique du Sud », armada qui « ne fera que s’agrandir, et le choc qu’ils subiront sera sans précédent, jusqu’à ce qu’ils restituent aux États-Unis tout le pétrole, les terres et les autres biens qu’ils nous ont volés ».
D’après le site d’information américain Axios, 18 pétroliers sous sanctions américaines se trouveraient dans les eaux vénézuéliennes, dont 8 classés comme « porte-conteneurs de très grande capacité » – c’est par exemple le cas du « Skipper », que les États-Unis ont saisi la semaine dernière en eaux internationales.
Dans sa publication, Donald Trump a aussi indiqué que « le régime vénézuélien a été désigné comme une organisation terroriste étrangère » par son administration.
Caracas a, de son côté, qualifié de « menace grotesque » la mesure. Dans un communiqué, le gouvernement du pays a fustigé le fait que « le président des États-Unis tente d’imposer de manière absolument irrationnelle un prétendu blocus naval militaire au Venezuela dans le but de voler les richesses qui appartiennent à notre patrie ».
15 000 militaires américains sur place
Ce nouveau coup de force pourrait préparer le terrain pour un autre type d’opération. Mardi 16 décembre, les ministres américains des Affaires étrangères et de la Défense ont défendu au Congrès les frappes de ces derniers mois sur des embarcations soupçonnées de narcotrafic. Par ailleurs, en début de mois, le chef d’État américain a présenté comme imminentes d’autres frappes, laissant la porte ouverte à une intervention terrestre sur place.
Depuis le 2 septembre, Donald Trump a d’ailleurs ordonné des frappes contre au moins 26 navires dans les Caraïbes ou dans l’est du Pacifique. Celles-ci ont fait au moins 95 morts, sans qu’aucune preuve de leur implication dans le narcotrafic ne soit établie. On estime qu’environ 15 000 militaires sont déployés dans la région, note CNN.
Accusations de narcotrafic
Pour justifier ces frappes, l’administration Trump accuse lesdits navires de transporter de la drogue, et le gouvernement de Nicolas Maduro d’utiliser le profit engendré par le pétrole pour financer des activités criminelles supposées – à savoir, toujours d’après lui, le « terrorisme de la drogue, le trafic d’êtres humains, le meurtre et le kidnapping ». Il assure aussi, sans plus développer cette accusation, que le régime de Nicolas Maduro a « volé » des champs pétroliers et d’autres actifs aux États-Unis.
Donald Trump semble surtout avoir à cœur de renverser le président vénézuélien, et ce, depuis son premier mandat… Pour mener à bien cet objectif, il tente de faire s’effondrer l’économie locale, faute de ressources – ce qui lui éviterait une intervention militaire au sol, plus imprévisible. Car, rappelons-le, le secteur pétrolier, nationalisé dans les années 1970, est un pilier de l’économie vénézuélienne.
À Vanity Fair, la cheffe de cabinet de Trump Susie Wiles a également expliqué que le président américain « veut continuer à exploser des bateaux jusqu’à ce que Maduro jette l’éponge. Et des gens bien plus intelligents que moi sur ce sujet disent qu’il le fera ».
Des velléités saluées par l’opposante au régime local Maria Corina Machado, Prix Nobel de la paix 2025… Mais qui ne sont pas toujours du goût des républicains. Au sein même de sa base Maga, Donald Trump rencontre de nombreuses critiques sur ses actions militaires dans les Caraïbes.

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