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Pourquoi le Kazakhstan charge l’Ukraine après l’attaque d’un terminal pétrolier stratégique

Pourquoi le Kazakhstan charge l’Ukraine après l’attaque d’un terminal pétrolier stratégique


Le Kazakhstan hausse le ton. Pays charnière entre steppes et oléoducs, il s’alarme désormais d’être entraîné, malgré lui, dans les contrecoups de la guerre en Ukraine. Dimanche 30 novembre, Astana a adressé à Kiev une remontrance publique, après la frappe ayant endommagé, la veille, un terminal pétrolier stratégique sur la côte russe de la mer Noire. Le site visé appartient au Consortium international oléoduc caspien (CPC) et constitue l’artère principale par laquelle transite l’immense majorité du brut kazakh destiné à l’Europe.

Dans un communiqué, la diplomatie kazakhe « proteste contre une nouvelle attaque ciblée contre une infrastructure critique appartenant au Consortium international oléoduc caspien (CPC) Novorossisk » en territoire russe. Comme le rapporte le quotidien Ouest-France, Aïbek Smadiyarov, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, affirme : « Nous considérons cet incident comme un acte préjudiciable aux relations bilatérales entre le Kazakhstan et l’Ukraine, et attendons de la partie ukrainienne qu’elle prenne des mesures efficaces pour éviter de tels incidents à l’avenir. »

L’équilibrisme kazakh mis à l’épreuve

Si Kiev n’a pas officiellement réagi, l’attaque, menée par drones navals selon les premières informations, aurait neutralisé l’une des trois bouées d’amarrage permettant le chargement en mer des pétroliers. Pour le Kazakhstan, l’affaire dépasse de loin la simple péripétie technique : elle touche au cœur de son modèle économique. Près de 80 % de sa production pétrolière s’écoule par le CPC, qui relie les champs caspiens, exploités notamment par des majors occidentales, au port russe de Novorossisk.

À LIRE AUSSI La baisse des prix du pétrole met l’Algérie sous pressionAllié de Moscou dans plusieurs organisations régionales, le Kazakhstan s’efforce depuis février 2022 de maintenir une neutralité méticuleuse sur la guerre en Ukraine, répétant son attachement à la souveraineté des États. Mais lorsque les soutiens de son économie sont frappés, la diplomatie kazakhe cesse les contorsions.

Cette dernière attaque est la quatrième de l’année visant le CPC. Une série qui écorne la position d’équilibriste d’Astana, sommée de protéger ses intérêts économiques sans froisser ni Moscou ni Kiev. De son côté, l’Ukraine affirme que ces actions visent uniquement à repousser une « agression russe à grande échelle », détaille Reuters.