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Pourquoi les entreprises britanniques font marche arrière sur la diversité et l’inclusion

Pourquoi les entreprises britanniques font marche arrière sur la diversité et l’inclusion


Les entreprises du Vieux Continent vont-elles renoncer à leurs politiques de diversité ? C’est en tout cas ce qui semble se passer au Royaume-Uni, les attaques de l’administration Trump sur les politiques DEI (pour Diversité, Équité et Inclusion) semblant infuser dans le reste du monde anglo-saxon.

Le constat est posé par le Guardian, qui relaye une récente étude du cabinet d’avocats Freeths. Celle-ci met en lumière un chiffre à rebours des efforts en matière d’inclusivité réalisés ces dernières années : plus de la moitié des entreprises britanniques seraient en train de réviser leurs politiques DEI, jugées trop « wokes » outre-Atlantique. Dans le détail, des entretiens menés auprès de quelque 250 responsables juridiques d’entreprises britanniques de premier plan soulignent la modification, voire l’abandon pur et simple de ces mesures.

À LIRE AUSSI Liberté d’expression : la nouvelle offensive de la droite trumpisteEn effet, note le quotidien britannique, parmi les entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions de livres sterling, 28 % interrogées par le cabinet d’avocats déclarent avoir apporté des changements majeurs aux initiatives touchant à la DEI et à la durabilité environnementale, voire y avoir tout simplement renoncé. 26 % d’entre elles affirment aussi que les critiques américaines du « wokisme » ont provoqué des changements à ces politiques. 32 % se contentent de noter que cela avait suscité des discussions sur des changements potentiels.

« Pression extérieure »

Le Guardian en veut pour exemple la récente initiative de British Telecom, l’opérateur britannique de télécommunications, qui a supprimé toutes les initiatives DEI de son système de primes pour ses cadres intermédiaires, tout en s’affirmant toujours très « attaché » aux principes de diversité…

Qui plus est, 22 % des entreprises interrogées pensent que les motivations de profit entrent « très régulièrement » en conflit avec des préoccupations éthiques et morales. 32 % pensent que cela arrive « régulièrement », et 37 % « parfois ». Auprès du quotidien britannique, Philippa Dempster, associée principale du cabinet Freeths, souligne ainsi que « la vérité est que la recherche du profit peut avoir un impact considérable, voire entraver la prise de décisions éthiques. Nos recherches révèlent une réalité inquiétante : si les entreprises affichent leur volonté d’agir de manière responsable, un fossé important persiste entre les principes et la pratique […]. Nous constatons que certaines entreprises britanniques abandonnent des initiatives éthiques et morales pourtant essentielles sous la pression extérieure. »

Rien d’étonnant, quand on sait que le parti Reform UK de Nigel Farage a récemment promis de supprimer les initiatives DEI des conseils qu’il contrôle au Royaume-Uni. Le pays peut, pour l’heure, encore compter sur son « Equality Act », loi contre les discriminations entrée en vigueur en 2010, qui limite encore les conséquences d’un tel retour en arrière. Et, peut-être, sur un projet de loi « Égalité », qui contraindrait les entreprises comptant plus de 250 salariés à éliminer les écarts de rémunération liés à l’origine ethnique et au handicap. Outre-Atlantique, plusieurs entreprises dont Google, Amazon, Meta ou encore Disney ont, quant à elles, d’ores et déjà abandonné leurs politiques en matière de diversité et d’inclusion, sous la pression de l’administration Trump.