En 2025, le tourisme international a reculé outre-Atlantique. Entre crispation politique et durcissement des conditions d’entrée, l’Amérique cesse d’être une évidence pour les voyageurs étrangers.
Les États-Unis de Trump ne font plus rêver. En 2025, le tourisme international vers les États-Unis s’est contracté d’environ 6 %, à rebours de la dynamique mondiale, selon le World Travel & Tourism Council. Un décrochage inédit pour une destination longtemps perçue comme indépassable. Et les perspectives pour 2026, pourtant année dela Coupe du monde de football et de grandes célébrations nationales, s’annoncent tout aussi sombres.
Chez les professionnels, le constat est brumeux, pour ne pas dire préoccupant. Selon le Syndicat des entreprises du tour operating (Seto), les voyages organisés depuis la France vers les États-Unis ont reculé de 14,6 % entre novembre 2024 et octobre 2025. Plus inquiétant encore : à la fin de l’année 2025, les réservations pour l’été 2026 plongeaient de plus de 29 %. « Il y a un effet Trump, on ne va pas le nier », tranche à La Tribune Patrice Caradec, président du Seto, pour qui le locataire de la Maison Blanche « n’est pas le meilleur ambassadeur du tourisme américain ».
Pour cause, de nombreux voyageurs européens associent désormais la destination américaine à une crispation politique durable, à une rhétorique hostile aux étrangers et à une atmosphère jugée anxiogène. Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient, comme le rapporte Le Figaro : « Ce n’est clairement pas le moment d’aller aux États-Unis », « Même si on me paie, je ne mets pas les pieds aux États-Unis. »
L’Esta, ou la frontière numérique
Il faut dire que la première étape administrative est profondément dissuasive. À partir de février 2026, les ressortissants des 42 pays, dont la France, devront se soumettre à un contrôle numérique inédit pour obtenir un visa de tourisme (Esta) : divulgation de leurs réseaux sociaux des cinq dernières années, numéros de téléphone, adresses e-mail utilisées les dix dernières années, sans oublier des informations détaillées sur les membres de leur famille.
Un avis publié au Federal Register a officialisé cette hyper-collecte de données, transformant l’Esta en un outil de traçabilité numérique et familiale sans précédent pour des pays pourtant alliés des États-Unis. Dans le secteur, l’inquiétude est vive. « La complexité des Esta ne va pas arranger nos affaires », résume à La Tribune, Sophie Baillot, dirigeante d’Un Océan de croisières. Une crainte largement partagée par les professionnels du tourisme.
Un Mondial 2026 à deux vitesses
L’année 2026 s’annonçait pourtant festive avec notamment la Coupe du monde de football et le 250e anniversaire de l’indépendance américaine, qui devaient attirer des millions de visiteurs. Donald Trump lui-même parlait de « l’opportunité d’une vie ».
La réalité, elle, s’annonce plus contrastée. Le pass Fifa, lancé le 21 janvier et présenté comme un outil destiné à faciliter l’obtention des visas, s’avère d’un intérêt limité pour les Européens, déjà couverts par l’Esta évoqué plus haut. En revanche, pour les ressortissants des 75 pays frappés par le gel des visas, la perspective est nettement plus sombre.
Parmi eux figurent quinze nations qualifiées pour la Coupe du monde. Certes, les joueurs et les membres des staffs techniques bénéficieront d’exemptions. Mais pour les supporters, aucune certitude. Leur demande de pass Fifa pourrait tout simplement être refusée.

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