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Quand le dictateur Maduro faisait la « leçon » au « Point »

Quand le dictateur Maduro faisait la « leçon » au « Point »

Avant sa capture, le dirigeant vénézuélien a raillé – quel honneur ! – notre journal lors de son interview de 2025 avec l’ex-directeur du « Monde diplo »… Nous restons prêts pour le débat dans sa cellule !

Quel hommage vous avez fait au Point, Monsieur Maduro ! Y aviez-vous repensé aujourd’hui, lorsque vous descendiez de l’hélicoptère, à New York, après votre capture par les Américains, le 3 janvier 2026 ? Lors de votre entretien avec notre confrère français Ignacio Ramonet, ancien directeur du Monde diplomatique – celui de 2025, avant le dernier réalisé dans une voiture –, vous avez consacré quelques instants de votre précieux temps à parler de notre journal. Le Point, comme vous le savez, est l’un des rares médias étant venus après l’élection présidentielle de 2024 à Caracas, où l’auteur de ces lignes a réalisé un grand reportage publié en novembre 2024.

Vous étiez beau à voir, début 2025, à boire du thé avec Ignacio Ramonet dans le salon numéro 1 du palais présidentiel de Miraflores ! L’entretien était diffusé par Telesur, une chaîne tout aussi formidable que la chaîne d’État VTV qui diffuse votre rafraîchissante émission hebdomadaire Con Maduro +.

Le Point a donc eu droit à une mention spéciale au début de votre traditionnelle « conversation » de début d’année avec notre confrère. Après qu’Ignacio Ramonet s’est plaint de notre article « Les liaisons dangereuses de l’extrême gauche française avec le dictateur Nicolas Maduro », vous avez pris à témoin vos (trop) rares téléspectateurs en scandant : « Ces gens ont peur de nos interviews. Ce sont des conversations pour dire les vérités qu’eux occultent. Nous, nous aimons le débat d’idées et la bataille pour la vérité. »

« Bataille pour la vérité »

En tout cas, Le Point n’occulte pas les vérités sur l’incroyable vigueur de la démocratie vénézuélienne, et ce, depuis fort longtemps – n’hésitez pas à vous replonger dans nos reportages pour vous en rendre compte… Et nous adorons les interviews, notamment sur le Venezuela ! Prenez l’entretien, par exemple, que nous avons réalisé avec Edmundo Gonzalez, qui affirme, procès-verbaux à l’appui, avoir gagné avec 70 % des voix l’élection présidentielle. « Je suis le président élu du Venezuela et je remplacerai Nicolas Maduro le 10 janvier 2025 », nous confiait-il. C’est certainement la raison pour laquelle vous avez mis à prix à 100 000 dollars la tête de ce « conspirationniste »

Lisez sinon notre interview de Maria Corina Machado, qui assure que vous craigniez d’« être le prochain à tomber après Bachar el-Assad ». Souvenez-vous, c’est cette opposante que vous avez relâchée après que vos hommes l’ont arrêtée lors des manifestations du 9 janvier 2025 ! Jetez, enfin, un œil à celle de l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale Juan Luis Guanipa, qui rappelle que vous avez « séquestré la démocratie vénézuélienne ». Le 10 janvier 2025, lors de votre pseudo « investiture », vous n’avez donc fait que vous perpétuer au pouvoir pour livrer « la bataille pour la vérité » ? Notre vérité : vous êtes un dictateur ayant commis un coup d’État avec la complicité d’une armée qui vous est restée fidèle. Puis, le 3 janvier 2026, les États-Unis de Donald Trump sont venus vous capturer pour vous juger.

C’est avec tristesse que nous avons constaté que seuls deux dirigeants étrangers avaient daigné assister à votre couronnement de 2025 et que peu ont élevé la voix pour dénoncer les ruptures du droit international par Trump lors de votre capture. Seuls l’autocrate nicaraguayen Daniel Ortega et le Cubain Miguel Diaz-Canel Bermudez, qui a gravi les échelons du Parti communiste avant de succéder à Raul Castro, vous ont accompagné dans votre « bataille pour la vérité ».

Donc, pour une interview depuis votre cellule américaine, n’hésitez pas à contacter notre hebdomadaire. Nous avons pas mal de questions à vous poser, mais elles seront sans doute un peu plus dérangeantes pour vous que celles que vous pose rituellement Ignacio Ramonet – « Que faudrait-il encore ajouter à la démocratie vénézuélienne ? », par exemple…