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Ressortissant français retrouvé mort au Tchad : ce que l’on sait

Ressortissant français retrouvé mort au Tchad : ce que l’on sait

« Le cœur mort de l’Afrique ». Ce surnom désuet qui décrit l’enclavement désertique du Tchad résonne avec l’actualité récente. Car le 11 février dernier, un retraité français âgé de 70 ans disparaissait dans le Nord-Est de ce pays.

Venu assister au Festival des cultures sahariennes (Ficsa), le septuagénaire – originaire de Dijon – appartenait à un groupe touristique d’une cinquantaine de personnes. En marge de l’évènement, Paul Ferreri, ainsi que deux autres ressortissants français, décidaient de fausser compagnie à leurs camarades pour découvrir l’oasis du « Guelta de Bachikele ».

Défaut « d’autorisation préalable »

À presque mille kilomètres de la capitale N’Djamena, cette aventure sans guide s’est révélée fatale. D’autant plus que les températures dépassent régulièrement les 40 degrés dans la province de l’Ennedi. Après une absence remarquée, les premières recherches ont permis de retrouver deux des trois hommes le jour même, soit mercredi. Le lendemain, sans signe de vie du dernier ressortissant, le ministère du Tourisme tchadien notait le défaut « d’autorisation préalable » d’une telle randonnée, assurant en outre de la poursuite des recherches.

Malgré la mobilisation de militaires tchadiens et le suivi du Centre de crise et de soutien du Quai d’Orsay, à Paris, l’effort conjoint n’aura pas suffi. Ce vendredi, Abakar Rozi Teguil, ministre du Tourisme du Tchad, a annoncé la mort du citoyen français. Retrouvé dans les montagnes de Bachekele, ce dernier aurait succombé à ses blessures des suites d’une « chute ». Après avoir procédé au constat médical, le rapatriement du corps vers N’Djamena est en cours, indiquent les autorités.

Un tourisme en question

En pratique, ce circuit touristique est assuré par l’agence Point Afrique. Basée en France, dans le département de l’Ardèche, la « coopérative de voyageurs » a fait de l’Afrique de l’Ouest sa spécialité depuis 1996. Si des destinations telles que le Burkina Faso, le Mali ou le Niger ont disparu en raison du risque sécuritaire accru et des tensions avec la France, le Tchad, lui, conserve sa place sur leur catalogue. En effet, le pays du président-militaire Mahamat Idriss Déby affiche une perméabilité plus faible aux groupes armés terroristes. Quelques jours avant l’accident, l’agence publiait ainsi, sur sa page Facebook, des photos d’excursions à dos de chameau en présence du ministre tchadien Abakar Rozi Teguil.

Par ailleurs, les principales menaces posées par Boko Haram et l’État islamique (Iswap) dans le pays restent localisées autour du Lac Tchad (Centre-Ouest) : soit à l’opposé du drame. Pour autant, le ministère français des Affaires étrangères classe la région du Nord-Est comme zone rouge. C’est-à-dire « formellement déconseillée » pour les ressortissants français. Cette classification découle notamment de la proximité de la province de l’Ennedi avec le Soudan voisin, en proie à une guerre civile depuis 2023.

Si ce drame relève avant tout de l’aventurisme de trois voyageurs français, le décès de Paul Ferreri relance le débat autour du bien-fondé touristique dans des régions à risques.