La justice allemande enquête sur une affaire de fraude fiscale qui pourrait bien se révéler sans précédent outre-Rhin. La presse germanique indique, vendredi, qu’une centaine de personnalités allemandes pourraient être impliquées. Le porte-parole du ministère allemand des Finances évoque lui aussi de « très nombreux cas ».
Une banque du Liechtenstein
Le patron de la Deutsche Post, Klaus Zumwinkel, a présenté sa démission dès vendredi matin lors d’une réunion du conseil de surveillance de son groupe, décision aussitôt saluée par le gouvernement. Jeudi, le très influent patron de la poste allemande, dont l’État est actionnaire à 30 %, a été mis en cause. Une enquête a été ouverte contre lui par le parquet de Bochum et des perquisitions menées dans sa villa de Cologne ainsi que dans son bureau de Bonn. Klaus Zumwinkel est soupçonné d’une fraude fiscale d’un montant d’un million d’euros, de l’argent qu’il aurait, selon le parquet, détourné vers le Liechtenstein.
Un système de fraude fiscale organisé
Selon le quotidien économique Handelsblatt et la chaîne de télévision germanique ZDF, l’affaire Klaus Zumwinkel ne serait que la partie émergée de l’iceberg. Selon la chaîne ZDF, toutes les pistes convergeraient vers la banque LGT Group basée au Liechtenstein. L’établissement bancaire, décrit sur son site Internet comme une « entreprise de la maison princière » spécialisée dans la gestion de fortune, aurait créé des fondations spécialement destinées à l’évasion fiscale. « Nous avons démonté toute la banque », explique un enquêteur dans les colonnes duHandelsblatt. Vendredi midi, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel est intervenu pour expliquer que si cette affaire « a un coût en termes de confiance et de crédibilité » parmi les grands patrons allemands, « la grande majorité des dirigeants d’entreprises travaillent avec sérieux. »

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