Une nouvelle structure, à majorité d’investisseurs américains, va voir le jour pour permettre au réseau social chinois de rester sur le sol américain.
Victoire pour Washington. Après plusieurs années d’incertitudes, et de nombreux reports de délais, TikTok pourra rester opérationnel aux États-Unis. Un accord a été signé pour créer une coentreprise américaine conforme aux exigences de l’administration Trump. Cette structure, nommée TikTok USDS Joint Venture LLC, sera majoritairement entre les mains d’investisseurs.
Un groupement, qui comprend l’entreprise Oracle de Larry Ellison, la société d’investissement Silver Lake, et le fonds émirati MGX – trois sociétés réputées proches de l’administration Trump –, détiendra 45 % de la coentreprise divisés à parts égales entre les membres. Par ailleurs, des investisseurs actuels de ByteDance, dont plusieurs fonds américains, en posséderont 30,1 %. Les 19,9 % restants iront à ByteDance. La transaction doit être finalisée le 22 janvier 2026.
Cette nouvelle structure « opérera comme une entité indépendante avec autorité sur la protection des données » des utilisateurs américains, « la sécurité de l’algorithme, la modération du contenu » et la conformité du réseau social, a indiqué Shou Zi Chew, PDG de TikTok, dans une note consultée par l’agence Associated Press.
De son côté, TikTok restera aux manettes des services chargés de ses activités commerciales aux États-Unis (publicité, vente en ligne, communication, etc.) et de « l’interopérabilité mondiale » du réseau social. Qui plus est, cette coentreprise sera dotée d’un nouveau conseil d’administration composé de sept membres à majorité américaine.
Inquiétudes sur les données des Américains
Aussi et surtout, c’est TikTok USDS Joint Venture LLC qui sera chargé de la protection des données des 170 millions d’utilisateurs américains du réseau et de la sécurité de l’algorithme, en étant soumis à des règles strictes. Il est prévu que celles-ci soient stockées localement dans un système géré par Oracle.
Volet majeur de ce dossier, l’exploitation des données personnelles des États-Uniens est, au même titre qu’une éventuelle propagande chinoise, un sujet particulièrement sensible pour Washington – d’autant plus que TikTok a admis que des employés basés en Chine avaient eu accès à ces données, tout en assurant que celles-ci n’avaient pas été communiquées au gouvernement chinois.
La signature de cet accord a donc de quoi contenter Washington, après d’intenses et longues tractations avec Pékin, et alors que Donald Trump avait prorogé, jusqu’au 23 janvier 2026, l’application d’une loi votée lors du mandat de Joe Biden et qui prévoyait l’interdiction de TikTok aux États-Unis à partir de janvier 2025, si le réseau ne se conformait pas à cette restructuration.
De nombreuses critiques
Ce bras de fer qui s’achève pourrait-il ouvrir la porte à d’autres ? TikTok n’inquiète pas qu’aux États-Unis : plusieurs autorités gouvernementales s’intéressent au cas du réseau social fort de 1 milliard d’utilisateurs à travers le monde.
Détérioration de la santé mentale des jeunes, mauvais traitement des données et des informations concernant des mineurs, dénonciation par des associations de consommateurs, algorithme addictif, fake news et contenus mensongers… Les critiques sont nombreuses à l’endroit du réseau social chinois, qui a déjà écopé d’une amende de 530 millions d’euros d’amende au nom de l’UE pour des manquements à la protection des données. En France, TikTok fait l’objet d’une enquête judiciaire depuis novembre, et est soupçonné de pousser les plus vulnérables au suicide.

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