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Trump, opposant farouche du narcotrafic, va gracier l’ex-président du Honduras… condamné pour trafic de drogue

Trump, opposant farouche du narcotrafic, va gracier l’ex-président du Honduras… condamné pour trafic de drogue


C’est une décision surprenante venant de quelqu’un affirmant vouloir combattre le trafic de drogue. Ce vendredi 28 novembre, Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social qu’il accordera la grâce à l’ancien président du Honduras, Juan Orlando Hernández. Ce dernier purge actuellement une peine de quarante-cinq ans de prison aux États-Unis après avoir été condamné pour trafic de drogue et possession d’armes à feu.

« J’accorderai une grâce totale et complète à l’ancien président Juan Orlando Hernández qui, selon de nombreuses personnes que je respecte énormément, a été traité de manière très dure et injuste », a déclaré Donald Trump dans son message.

En mars 2024, un jury de Manhattan a déclaré Juan Orlando Hernández, président du Honduras de 2014 à 2022, coupable d’avoir conspiré avec des cartels de la drogue alors qu’il était au pouvoir. Il aurait ainsi permis à plus de 400 tonnes de cocaïne de transiter à travers le Honduras vers les États-Unis en échange de millions de dollars de pots-de-vin, qu’il aurait utilisés pour financer sa carrière politique.

Le ministère de la Justice avait également reconnu Juan Orlando Hernández coupable d’avoir « protégé et enrichi les trafiquants de drogue de son entourage ». Outre sa peine de prison, il avait été condamné à une amende de 8 millions de dollars, une sentence qu’il avait qualifiée d’« injustifiée ». Il a également toujours nié les faits qui lui étaient reprochés.

Lutte contre le trafic de drogue

« Nous attendons avec impatience le retour triomphal du président Hernández au Honduras », a déclaré Me Renato Stabile, son avocat, dans un communiqué. « Nous sommes très reconnaissants envers le président Trump et tous ceux qui ont soutenu le président Hernández. Nous pensons qu’il a été victime d’une guerre juridique et de poursuites politiques. Une grande injustice a été réparée, et nous sommes très optimistes quant à l’avenir du partenariat entre les États-Unis et le Honduras », a-t-il écrit.

Cette décision intervient alors que les États-Unis ont mené, ces derniers mois, de très nombreuses opérations dans les Caraïbes et l’est du Pacifique contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue. Depuis le mois de septembre, au moins 83 personnes ont été tuées dans ces offensives. Une campagne radicale, menée sans l’approbation du Congrès, qui inquiète. Les experts juridiques remettent en question la légalité de ces opérations meurtrières dans les eaux internationales contre des membres présumés de cartels, sans aucune preuve, ni tentative d’arrestation au préalable.

Mi-novembre, Washington a même intensifié sa lutte en lançant l’opération Southern Spear (« lance du Sud », en français). Selon le ministre de la Défense, il s’agit d’une mission vouée à « défendre notre patrie, élimine[r] les narcoterroristes de notre hémisphère et [protéger] notre pays des drogues qui déciment notre population. »

Jeudi, Donald Trump a, par ailleurs, indiqué que des opérations terrestres seront menées « très bientôt » au Venezuela pour arrêter des narcotrafiquants. « Vous avez probablement remarqué que les gens ne veulent plus livrer par voie maritime, et nous allons commencer à les arrêter également par voie terrestre », a-t-il déclaré. Il a également récemment admis avoir autorisé la CIA à mener des opérations clandestines dans le pays. Selon les informations du New York Times, citant des représentants américains, cette directive classifiée avait pour objectif de chasser Nicolás Maduro du pouvoir au Venezuela.

Ingérences de Washington

L’annonce de Donald Trump intervient quelques jours seulement avant les élections générales au Honduras, qui se dérouleront ce dimanche 30 novembre. Le scrutin est toujours indécis, les sondages montrant que Nasry Asfura, du Parti national conservateur, est pratiquement à égalité avec l’ancien ministre de la Défense Rixi Moncada, de Libre, le parti de gauche au pouvoir, et le présentateur de télévision Salvador Nasralla, du Parti libéral du Honduras. Le candidat qui remportera la majorité simple dimanche dirigera le Honduras entre 2026 et 2030.

Certains analystes politiques craignent que plusieurs candidats puissent revendiquer la victoire. L’Organisation des États américains et Washington ont fait part de leurs inquiétudes concernant le processus électoral au Honduras et ont déclaré qu’ils suivent de près les élections. Depuis 2021, le Honduras est dirigé par la présidente Xiomara Castro, qui a noué des liens étroits avec Cuba et le Venezuela, deux pays en proie à de profondes crises économiques et humanitaires, dont les gouvernements sont considérés comme des dictatures par l’administration Trump.

Dans un message posté sur son réseau Truth Social, Donald Trump a réitéré son soutien à Nasry Asfura, qu’il décrit comme « l’homme qui défend la démocratie et lutte contre [Nicolás] Maduro [le président du Venezuela, NDLR]  ». « Si Nasry Asfura remporte les élections présidentielles au Honduras, les États-Unis lui accorderont tout leur soutien, car ils ont une grande confiance en lui, en ses politiques et en ce qu’il fera pour le grand peuple hondurien. S’il ne remporte pas les élections, les États-Unis ne gaspilleront pas leur argent, car un mauvais dirigeant ne peut qu’entraîner des résultats catastrophiques pour un pays, quel qu’il soit », a-t-il écrit, tentant d’influencer le résultat de la présidentielle au Honduras.

Le parti de Nasry Asfura avait noué un partenariat étroit avec Washington durant le mandat de Juan Orlando Hernández, qui a gouverné de 2014 à 2022 et a été arrêté peu après avoir quitté ses fonctions. « Le seul véritable ami de la liberté au Honduras est Nasry Asfura. Nasry et moi pouvons travailler ensemble pour lutter contre les narcocommunistes et apporter l’aide nécessaire au peuple hondurien. […] J’espère que le peuple hondurien votera pour la liberté et la démocratie et élira Nasry Asfura à la présidence ! » a également affirmé Donald Trump.