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Trump se déchaîne contre une Europe « en déclin » et un Zelensky « perdant »

Trump se déchaîne contre une Europe « en déclin » et un Zelensky « perdant »


Nouvelle attaque en règle contre l’Europe. Dans un entretien accordé à Politico, mardi 9 décembre, Donald Trump a sermonné ses alliés de l’autre côté de l’Atlantique. « L’Europe ne fait pas du bon travail à bien des égards », a vertement dénoncé le président américain. Ses déclarations, quelques jours après la publication d’une nouvelle « Stratégie de sécurité nationale » résolument isolationniste, pourraient raviver les tensions transatlantiques.

Le dirigeant des États-Unis assume de considérer que les dirigeants politiques européens « sont faibles ». « Mais je pense aussi qu’ils veulent être tellement politiquement corrects. […] Ils ne savent pas quoi faire. » Il accuse notamment les nations européennes « en déclin » de n’avoir pas réussi à contrôler l’immigration. « Leur politique d’immigration est un désastre. »

À LIRE AUSSI « Stratégie de sécurité nationale » : les États-Unis sont-ils encore nos alliés ? « Si vous regardez Paris, c’est un endroit bien différent. J’adorais Paris. C’est un endroit bien différent d’avant. Si vous regardez Londres, vous avez un maire nommé Khan [Sadiq Khan, NDLR]. C’est un maire horrible. C’est un maire incompétent, mais c’est un maire horrible, vicieux, dégoûtant. Je pense qu’il a fait un travail épouvantable. […] Il a été élu parce que beaucoup de gens sont arrivés. Ils votent pour lui maintenant. » Donald Trump a affirmé que des migrants arrivent en Europe « des prisons du Congo et de nombreux autres pays ».

« L’Europe doit faire très attention »

« Je veux diriger les États-Unis. Je ne veux pas diriger l’Europe », a-t-il expliqué, prétendant que « l’Otan m’appelle Papa », une image déjà utilisée par le secrétaire général Mark Rutte. Il a cependant insisté sur le fait qu’il n’a « aucun projet » de départ de l’organisation transatlantique. Le président a réaffirmé son soutien à des dirigeants comme Viktor Orban, en Hongrie, tout en disant souhaiter que les Européens « assument davantage » leur défense.

« L’Europe doit faire très attention », a encore déclaré Donald Trump en ajoutant : « L’Europe prend certaines mauvaises directions, c’est très mauvais, très mauvais pour les gens. Nous ne voulons pas que l’Europe change autant. » Concernant la guerre en Ukraine, il estime que les dirigeants européens se sont rendus coupables d’« inaction », arguant que l’invasion par la Russie n’aurait « jamais eu lieu » s’il avait été président. « Je pense que si je n’étais pas président, vous auriez pu avoir une troisième guerre mondiale. Vous auriez eu un problème bien plus grave que celui que vous avez en ce moment […]. C’est un gros problème pour l’Europe. Et ils ne le gèrent pas bien. »

À LIRE AUSSI Le bras d’honneur de l’Amérique au monde « La Russie a l’avantage. Et elle l’a toujours eu. Elle est bien plus grande et plus forte. Je tiens à saluer le courage et la bravoure du peuple et des militaires ukrainiens, mais à un moment donné la force l’emporte, et dans ce cas précis elle est considérable », a déclaré Donald Trump. « Ils ont perdu du territoire bien avant mon arrivée. Ils ont perdu toute une bande de littoral, une grande portion de littoral. Ils ont perdu beaucoup de terres, et des terres de très grande qualité. On ne peut certainement pas parler de victoire. »

Des élections en Ukraine

Il s’est également attaqué à Volodymyr Zelensky, dont il estime qu’il devrait organiser une élection présidentielle. « Je pense que c’est important d’organiser une élection. Ils se servent de la guerre pour ne pas organiser d’élection […]. Peut-être que Zelensky gagnerait. Je ne sais pas qui gagnerait. Mais ils n’ont pas eu d’élection depuis longtemps. Vous savez, ils parlent de démocratie, mais à un moment donné, ce n’est plus vraiment une démocratie. »

Il a reproché chef d’État ukrainien de ne pas avoir étudié les dernières propositions de paix. « Il devrait les lire. Son équipe a adoré la proposition. Ils l’ont vraiment appréciée. Il va falloir qu’il se ressaisisse et qu’il commence à accepter les choses […], parce qu’il est en train de perdre. » « Je suis prêt pour des élections », a affirmé Volodymyr Zelensky, mardi 9 décembre, à condition que ses alliés puissent garantir la sécurité du scrutin.

À LIRE AUSSI « Des avancées substantielles » : les révélations d’un négociateur ukrainien « Je demande maintenant, je le déclare ouvertement, aux États-Unis de m’aider, éventuellement avec les collègues européens, à garantir la sécurité pour la tenue d’élections. » Il a également affirmé qu’une version révisée du plan Trump pour mettre fin à la guerre en Ukraine serait remise aux Américains. Les relations entre l’Europe et les États-Unis se sont tendues depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

« Que les Américains veuillent maintenant sauver la démocratie en Europe, je n’en vois pas la nécessité », a estimé le chancelier allemand, Friedrich Merz, mardi, lors d’une visite en Rhénanie-Palatinat, région allemande abritant d’importantes bases militaires américaines. « Si elle devait être sauvée, nous pourrions le faire nous-mêmes. »