Donald Trump a annoncé le lancement d’une plateforme, à son nom, qui permet aux Américains d’acheter des médicaments à prix cassés. En quoi consiste-t-elle ?
350 dollars par mois contre 1 350 au prix catalogue. C’est l’un des prix cassés qu’affiche le nouveau site de Donald Trump, TrumpRx, qui promet « le coût le plus bas au monde sur les médicaments prescrits sur ordonnance ». À quelques mois des élections législatives de mi-mandat, prévues en novembre, le locataire de la Maison-Blanche s’est finalement saisi du sujet crucial qu’est le coût de la santé pour les Américains.
La page d’accueil de TrumpRx est remplie de superlatifs. « TrumpRx change la donne, en permettant à tous les Américains de réaliser d’importantes économies », promet-elle, se targuant de porter « la réforme des prix des médicaments sur ordonnance la plus importante de l’histoire de notre pays (qui) permet aux Américains de disposer de plus d’argent et rend enfin les soins accessibles à tous. » Martelant qu’ « aux États-Unis, ils sont surfacturés : les mêmes médicaments, fabriqués dans les mêmes usines, aux mêmes dosages, coûtent jusqu’à 1 000 % plus cher aux Américains que dans n’importe quel autre pays. C’est inacceptable », le site veut mettre à la disposition des Américains une sélection de médicaments à prix défiant toute concurrence.
Baisse des prix des médicaments anti-obésité
Pour appuyer son propos, la plateforme propose des graphiques de comparaison des coûts des traitements entre le Canada et les États-Unis. Il liste aussi certains remèdes dont les prix ont déjà été négociés – et promet que « d’autres médicaments seront bientôt disponibles ».
Ainsi, les très populaires traitements prescrits en cas de diabète de type 2 Ozempic et Wegovy vont voir leurs prix chuter à 350 dollars par mois, contre respectivement 1 000 et 1 350 dollars au prix catalogue. Dans le même ordre, le Zepbound d’Eli Lilly (proche du Mounjaro) sera vendu 346 dollars contre plus de 1 000 dollars au prix catalogue.
Les traitements contre l’obésité ne sont pas les seuls touchés : sont concernés par exemple l’inhalateur contre l’asthme de GSK (l’Advair Diskus 500/50), qui passera de 265 à 89 dollars, ou l’anticoagulant Plavix de Sanofi, qui passera à 16 dollars au lieu de 756 dollars.
Les « middlemen », souvent pointés du doigt
TrumpXr n’est cependant pas un site en ligne de vente de médicaments, mais une plateforme qui met en relation les patients et les laboratoires pharmaceutiques engagés à baisser le prix d’un panier de soins défini en amont avec le gouvernement américain. Ces paniers au rabais seront vendus sur le site Internet du laboratoire.
Si la plateforme se veut révolutionnaire, il n’en est rien. Contrairement à la France, où le prix des médicaments est fixé une fois pour toutes par un organisme public, aux États-Unis ce sont les laboratoires qui négocient le prix de leurs médicaments avec des grossistes, des compagnies d’assurances ou des réseaux de pharmacie.
Ce qui crée une nouvelle étape dans la chaîne de ventes : les « middlemen » (intermédiaires), souvent pointés du doigt pour leur propension à capter à leur profit les remises qui leur sont consenties par les laboratoires. Qui plus est, le reste à charge des patients couverts par une assurance santé y est souvent supérieur à ce que paie l’assurance elle-même.
Dans ce système, TrumpRx promet « d’éliminer les marges coûteuses de ces intermédiaires » et de baisser le prix pour les 8 % d’Américains dépourvus d’assurance santé. Mais les laboratoires pharmaceutiques écoulent déjà leurs médicaments directement auprès des patients, via des sites Internet de vente directe.
Pour rappel, en janvier, Donald Trump avait mis en cause le modèle français de régulation du prix des médicaments, et chargé Emmanuel Macron, affirmant avoir obtenu du président français qu’il n’augmente pas leur prix. L’Élysée a alors démenti, sur X : « Il paraît que le président Emmanuel Macron aurait augmenté les prix des médicaments. Il ne fixe pas leurs prix. Ceux-ci sont encadrés par la Sécurité sociale. Ils sont d’ailleurs restés stables. Tous ceux qui sont entrés dans une pharmacie française le savent. »
Des déclarations survenues quelques jours après l’annonce par le locataire de la Maison-Blanche d’un plan de réduction du coût de la santé. Or, pour diminuer les prix de médicaments, très élevés aux États-Unis par rapport aux autres pays développés, Donald Trump a plusieurs fois réclamé que les prix augmentent en Europe.

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