Les négociations ouvertes le 14 décembre à Berlin vont-elles permettre d’avancer vers la paix ? Volodymyr Zelensky s’est entretenu ce dimanche avec l’émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner, représentants de Donald Trump, sous l’égide du chancelier allemand Friedrich Merz. Les discussions, qui ont duré cinq heures, doivent se poursuivre lundi.
Le président ukrainien propose un compromis : abandonner l’adhésion à l’Otan contre des engagements légaux et contraignants de défense de la part des États-Unis et d’autres puissances occidentales en cas d’attaque russe.
Ces protections prendraient la forme d’accords bilatéraux avec les États-Unis, inspirés de l’article 5 de l’Otan qui considère une attaque contre un allié comme une attaque contre tous, ainsi qu’avec l’Union européenne, le Canada et le Japon. Volodymyr Zelensky présente ce choix comme « un compromis nécessaire pour prévenir une nouvelle invasion », tout en insistant sur le caractère légal et solide de ces engagements.
Soutien européen
Cette décision répond à une exigence clé du Kremlin : l’abandon officiel des ambitions de l’Ukraine de rejoindre l’Otan, perçue par Moscou comme une menace directe. Vladimir Poutine réclame également la neutralité du pays, l’absence de troupes étrangères sur son sol et un engagement écrit interdisant tout futur élargissement de l’alliance vers l’est. En optant pour des pactes bilatéraux, Kiev contourne un blocage qui rendait son intégration à l’Otan improbable à court terme, tout en obtenant des assurances concrètes contre les risques d’agression.
Les alliés européens (Royaume-Uni, France et Allemagne) travaillent à renforcer le plan américain initial, jugé trop favorable à Moscou. Ils ont enrichi un document de 20 points en vue d’un cessez-le-feu et suggèrent d’utiliser les actifs russes gelés pour financer l’Ukraine. L’envoi de Witkoff et Kushner à Berlin fait suite à une rencontre qualifiée de « constructive » avec Poutine début décembre malgré l’absence de concessions du président russe.
La question territoriale, principal point d’achoppement
Zelensky refuse toute cession des zones encore sous contrôle ukrainien dans le Donbass, soit environ 6 500 km² autour de villes stratégiques. Ces « forteresses » verrouillent l’accès à Kiev et Odessa, et leur perte faciliterait une offensive russe contre le centre du pays, comme l’expliquent Les Échos.
Le plan américain initial prévoyait la création d’une zone démilitarisée dans une partie du Donetsk, en échange d’un retrait russe de régions comme Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk, Moscou conservant Kherson et Zaporijjia. Kiev et ses partenaires européens plaident pour un gel des lignes de front actuelles, sans concessions supplémentaires. Washington n’a pas encore validé ces ajustements, tandis que Moscou, par la voix de Iouri Ouchakov, les juge « peu constructifs ».
Friedrich Merz a comparé l’agression russe à l’annexion des Sudètes par Hitler en 1938, avertissant : « Si l’Ukraine tombe, Poutine ne s’arrêtera pas ». Ces discussions, prolongées lundi, se tiennent alors que des centaines de milliers d’Ukrainiens subissent encore d’importantes coupures d’électricité suite aux frappes russes sur les infrastructures énergétiques.

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