De l’Union européenne aux pays d’Amérique latine, l’agression américaine au Venezuela a été dénoncée par la communauté internationale.
C’est une attaque sans précédent qu’a lancée, ce samedi 3 janvier, Donald Trump sur le Venezuela. En bombardant la capitale Caracas ainsi que les États de Miranda, d’Aragua et de la Guaira et en enlevant Nicolas Maduro, le président républicain poursuit son combat contre ce qu’il assure être un pays qui encourage le narcotrafic et l’immigration. En réalité, il cible le pétrole et les ressources vénézuéliennes.
Une attaque dénoncée par la communauté internationale, l’Union européenne en tête. « Nous appelons à la retenue », a écrit la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas.
Sur X, elle a assuré suivre « de près la situation » et avoir discuté avec le secrétaire d’État Marco Rubio ainsi que l’ambassadeur européen à Caracas. « En toutes circonstances, les principes du droit international et de la charte des Nations unies doivent être respectés », a-t-elle écrit, précisant que l’UE contestait la légitimité de Nicolas Maduro et a défendu une transition pacifique.
I have spoken with Secretary of State Marco Rubio and our Ambassador in Caracas. The EU is closely monitoring the situation in Venezuela.
The EU has repeatedly stated that Mr Maduro lacks legitimacy and has defended a peaceful transition. Under all circumstances, the principles…
— Kaja Kallas (@kajakallas) January 3, 2026
« La sécurité des citoyens de l’UE dans le pays est notre priorité absolue », a également affirmé Kaja Kallas.
L’Espagne comme médiateur ?
Le « respect du droit international » a également été brandi par le Premier ministre britannique Keir Starmer. Lors d’une courte prise de parole diffusée sur les chaînes de télévision, il a émis le souhait de s’entretenir avec Donald Trump et ses alliés après avoir établi les faits. Starmer a également précisé que son pays « n’a pas participé à cette opération ».
De son côté, Madrid a appelé à « la désescalade, à la modération et à agir toujours dans le respect du droit international ». Dans un communiqué, le ministre espagnol des Affaires étrangères s’est dit disposé à jouer les intermédiaires « pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle ».
L’Espagne « a accueilli, et continuera d’accueillir, des dizaines de milliers de Vénézuéliens contraints de quitter leur pays pour des raisons politiques, et […] est disposée à aider à la recherche d’une solution démocratique, négociée et pacifique pour le pays », a également écrit le ministère.
Pas de condamnation de Paris
En fin d’après-midi, Emmanuel Macron s’est exprimé sur le sujet, sans condamner l’agression de Donald Trump et l’enlèvement du président Nicolás Maduro.
« Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple », a écrit le chef d’État.
Il assure ensuite que la transition « doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien » et appelle le président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, à assurer la transition.
Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir.
En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple.
La transition…
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 3, 2026
Sur ses réseaux sociaux, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a d’abord critiqué le bilan de Nicolas Maduro, assurant qu’en « confisquant le pouvoir au peuple vénézuélien de ses libertés fondamentales », il avait « porté une atteinte grave à sa dignité et à son droit à l’autodétermination ».
Il a ensuite condamné l’agression états-unienne qui « contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international ». « La France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir », a assuré Jean-Noël Barrot.
En confisquant le pouvoir au peuple vénézuélien, en le privant de ses libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à sa dignité et à son droit à l’auto-détermination. La France s’est engagée avec constance, notamment par ses actions de médiation, en faveur du…
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) January 3, 2026
La France « réitère son attachement à la charte des Nations unies, qui doit continuer de guider l’action internationale des États, toujours et partout », a conclu le ministre.
En France, condamnation unanime de la gauche
En France, la gauche a rapidement condamné les frappes états-uniennes et dénonce « l’enlèvement » du président Nicolas Maduro. « Les États-Unis de [Donald] Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d’un autre âge », a écrit, sur X, Jean-Luc Mélenchon.
Le leader de La France insoumise a appelé le président Emmanuel Macron à se « réveiller ». « Il est temps que la République française condamne l’attaque contre le Venezuela. Il n’y a pas de bonne invasion. Seulement des mauvaises », a-t-il assuré, précisant que le narcotrafic est un « prétexte » pour « détruire ce qu’il reste d’ordre international libre de la loi du plus fort ».
Quelqu’un réveille le président Macron ? Il est temps que la République française condamne l’attaque contre le Venezuela.
Il n’y a pas de bonne invasion. Seulement des mauvaises.
La parole de la France doit rester non alignée et constante sur les principes du droit…
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) January 3, 2026
La France insoumise, qui a unanimement condamné les bombardements états-uniens, a appelé à un rassemblement, ce samedi, place de la République.
« Ils renouvellent avec leur tradition des coups d’État, guerres et ingérences qui ont ravagé l’Amérique latine au siècle dernier », a écrit le parti dans un communiqué. « Nous appelons le gouvernement français à condamner sans ambiguïté cette guerre, à exiger un cessez-le-feu immédiat et à défendre la souveraineté du Venezuela. »
« Cette intervention constitue une violation flagrante de la souveraineté du Venezuela, du droit international et de la charte des Nations unies », écrit, pour sa part, le Parti communiste dans un communiqué. La formation de Fabien Roussel, qui a appelé à un rassemblement devant la statue de Bolivar, a exigé, entre autres choses, « la levée des sanctions économiques qui étranglent la population vénézuélienne et constituent une forme de guerre contre le peuple ».
De son côté, Olivier Faure a écrit que cet acte devait être « unanimement condamné », « quoi que l’on pense de [Nicolas] Maduro ». « La force ne peut remplacer le droit. C’est un pas de plus dans la délégitimation des institutions internationales et c’est à l’inverse un feu vert donné à tous les autocrates du monde », a-t-il également écrit.
« Après l’agression et l’invasion de l’Ukraine et le génocide à Gaza, c’est un nouvel effondrement du droit international, sous les coups des impérialismes qui sont les oripeaux d’une nouvelle ère de prédation », a écrit, de son côté, Marine Tondelier, cheffe des Écologistes.
Sur ordre de Donald Trump, le Venezuela est bombardé par l’armée américaine.
Cette attaque constitue une agression manifeste et illégale d’un état souverain, quoique l’on pense du gouvernement de Caracas.
Après l’agression et l’invasion de l’Ukraine et le génocide à Gaza, c’est…
— Marine Tondelier (@marinetondelier) January 3, 2026
Condamnation timide à droite
À droite, les condamnations ont été plus nuancées. Dans un long message posté sur X, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a d’abord rappelé que « des millions de Vénézuéliens ont souffert de cette dictature sanguinaire et sans pitié ».
« Pour autant, le respect du droit international et de la souveraineté des États ne peut être à géométrie variable », a-t-il ensuite écrit. « Le renversement extérieur d’un gouvernement, par la force, ne saurait constituer une réponse acceptable, ne faisant qu’aggraver l’instabilité géopolitique de notre temps. »
Le régime rouge de Nicolás Maduro appelle de nombreuses critiques légitimes sur le plan démocratique. Des millions de Vénézuéliens ont souffert de cette dictature sanguinaire et sans pitié, qui a privé de droits politiques l’opposition et entretenu le pays dans une interminable…
— Jordan Bardella (@J_Bardella) January 3, 2026
De son côté, Éric Ciotti s’est réjoui de la « chute du dictateur Maduro ». « Cette bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien doit s’intégrer dans le respect du droit international », a-t-il assuré, demandant « un processus démocratique ».
« Les États-Unis ne sont pas le gendarme du monde » et « n’ont aucune légitimité pour décider qui doit gouverner où », a estimé, de son côté, le vice-président des Républicains Julien Aubert.
Caracas soutenu par Moscou
Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié « d’actes d’agression armée » les bombardements sur le Venezuela. « Ceci est profondément inquiétant et condamnable », a écrit Moscou dans un communiqué, qui demande des « éclaircissements immédiats ».
« Les prétextes utilisés pour justifier de telles actions sont intenables », a ajouté Moscou, assurant que « l’hostilité idéologique [a] triomphé du pragmatisme d’usage ». « Nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple vénézuélien », est-il indiqué dans le communiqué, qui précise également que la Russie soutient la demande de Caracas d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.
Dans l’après-midi, Moscou a publié un second communiqué qui fait état de l’extrême inquiétude du gouvernement russe « par les informations selon lesquelles le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse auraient été emmenés de force hors du pays ».
L’Amérique latine en soutien du Venezuela
De nombreux pays d’Amérique latine se sont aussi exprimés pour apporter leur soutien à Caracas et aux Vénézuéliens.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères du Mexique « condamne et rejette avec la plus grande fermeté les actions militaires exécutées unilatéralement […] contre des objectifs situés sur le territoire de la République bolivarienne du Venezuela ». « Le Mexique réaffirme avec force que le dialogue et la négociation sont les seuls moyens légitimes et efficaces de résoudre les différends existants », est-il également écrit.
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a, lui, critiqué les bombardements et « exige une réaction urgente de la communauté internationale ». « Notre zone de paix est brutalement attaquée. Terrorisme d’État contre le courageux peuple vénézuélien et contre notre Amérique », a-t-il écrit sur X.
« Les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président dépassent les limites de l’acceptable. Ces actes constituent une grave atteinte à la souveraineté du Venezuela et créent un précédent extrêmement dangereux pour l’ensemble de la communauté internationale », a écrit, de son côté, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, sur X. « Cette action rappelle les pires moments d’ingérence dans la politique de l’Amérique latine et des Caraïbes et menace la préservation de la région en tant que zone de paix », a-t-il également assuré.
Os bombardeios em território venezuelano e a captura do seu presidente ultrapassam uma linha inaceitável. Esses atos representam uma afronta gravíssima à soberania da Venezuela e mais um precedente extremamente perigoso para toda a comunidade internacional.
Atacar países, em…
— Lula (@LulaOficial) January 3, 2026
Le président colombien Gustavo Petro a, lui, exhorté l’Organisation des États américains et l’ONU à se prononcer sur la « légalité internationale » de cette « agression ». Il a également annoncé le déploiement de militaires à la frontière pour préserver sa stabilité.

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