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Voyage compliqué, visa obligatoire : le calvaire des supporteurs algériens à la CAN au Maroc

Voyage compliqué, visa obligatoire : le calvaire des supporteurs algériens à la CAN au Maroc

LETTRE D’ALGER. Alors que l’Algérie a lancé sa CAN au Maroc, les supporteurs peinent à suivre les Fennecs, freinés par un contexte diplomatique et logistique de plus en plus contraignant.

La CAN a débuté au Maroc et l’Algérie a parfaitement lancé sa compétition. Le 24 décembre à Rabat, les Fennecs se sont imposés face au Soudan, avant d’enchaîner quelques jours plus tard avec une nouvelle victoire qui leur a permis de se placer en tête de leur groupe. Un début de tournoi rassurant pour les hommes de Vladimir Petković, bien décidés à effacer deux éditions ratées et à renouer avec le succès de 2019.

Mais malgré ces bons résultats, la ferveur habituelle des supporteurs algériens est freinée par un contexte régional compliqué. Entre tensions diplomatiques, trajets rallongés et contraintes administratives, beaucoup peinent à rejoindre le Maroc pour soutenir leur équipe, au moment même où les Verts retrouvent des ambitions continentales.

Un détour imposé pour suivre les Fennecs

Car il faut le rappeler : Alger a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat depuis août 2022, sur fond d’exacerbation des tensions entre les deux voisins maghrébins. Un mois plus tard, l’Algérie a décidé de fermer son espace aérien à tous les avions civils et militaires marocains, ainsi qu’aux appareils immatriculés au Maroc. À noter également que la frontière terrestre entre les deux pays est fermée depuis 1994.

Les supporteurs en provenance d’Algérie n’ont donc d’autre choix que de transiter par la Tunisie, l’Espagne ou la France pour rejoindre le Maroc.

Selon les calculs du site spécialisé Afrik Foot, le vol Alger-Rabat via Tunis, sur Tunisair, revient à 563 euros. « S’ils veulent assister à l’ensemble des matchs de groupe de leur équipe, avec un départ le 23 décembre et un retour le 1er janvier, les supporteurs algériens devront débourser entre 650 et 1 460 euros selon l’itinéraire choisi », détaille encore le même média.

Selon des médias sportifs, le gros de la troupe des supporteurs DZ serait notamment fourni par la diaspora algérienne en Europe.

Une autorisation électronique qui complique le voyage

En plus de ces coûts et de la complexité des itinéraires avec escale s’ajoute une nouvelle contrainte administrative. Depuis septembre dernier, le Maroc a instauré, et ce jusqu’à janvier 2026 à l’occasion de la CAN, une autorisation électronique de voyage (AEV), qui concerne huit pays africains : l’Algérie, le Burkina Faso, le Cap-Vert, le Gabon, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Tunisie. Jusqu’alors, les ressortissants algériens pouvaient entrer au Maroc sans visa.

Cette autorisation électronique de voyage s’obtient via l’application Yalla, mise en place par la Confédération africaine de football (CAF) et le Comité local d’organisation (LOC) du Maroc. Accessible depuis le 25 septembre, elle fait office à la fois de Fan ID et de visa électronique simplifié, permettant de regrouper en un seul espace l’identification des spectateurs et leur autorisation d’accès au Maroc.

Flairant le filon lucratif, des agences de voyages en Algérie ont commencé à proposer ce visa électronique à leurs clients à des tarifs exorbitants, ce qui a découragé plus d’un, poussant la CAF et les organisateurs marocains à lancer une campagne médiatique pour marteler que ce visa est totalement gratuit durant la durée de la compétition (21 décembre–18 janvier).

À défaut de pouvoir voyager au Maroc, les fans des Verts pourront toujours suivre les matchs sur la télévision publique, qui vient d’annoncer l’obtention des droits de diffusion de quinze rencontres, dont celles des Fennecs et de « sélections sœurs ».