Pessimistes sur le futur sociétal de leur pays mais optimistes sur les améliorations en matière d’accès aux soins, les Américains étaient plus ou moins réalistes sur ce qu’allait devenir leur pays, 27 ans plus tard.
Comment l’Amérique de l’ère Bill Clinton, submergée par les Oscars dédiés au culte Titanic et qui ne jurait que par les téléphones fixes, imaginait-elle l’année 2025 ? En 1998, le quotidien USA Today et l’institut de sondage américain Gallup avaient mené l’enquête auprès de 1 055 personnes en leur demandant leurs prédictions pour les 27 prochaines années. L’étude, réalisée entre le 30 septembre et le 1er octobre 1998, a ensuite été archivée dans la base de données de l’université Cornell (État de New York). Et, selon les informations de CNN qui revient sur ce sondage en ce dernier jour de l’an 2025, les Américains n’étaient pas si loin de la vérité.
Ils avaient en effet anticipé certains événements, comme l’émergence d’une nouvelle maladie mortelle (75 % l’avaient prédit) ou l’élection d’un président noir (69 % ). Les personnes interrogées étaient également réalistes sur des thématiques plus futuristes, puisque seulement 29 % d’entre elles imaginaient que les voyages dans l’espace seraient devenus communs et 34 % croyaient en la banalisation du clonage humain.
Sur l’avènement d’Internet et des nouvelles technologies, une grande majorité avait vu juste concernant l’essor du télétravail (ils étaient 52 % à affirmer que « la plupart des gens feront leur travail depuis leur maison ») mais également du commerce en ligne – 56 % des Américains estimant que les magasins allaient progressivement être remplacés par du « shopping sur Internet ». Leur imaginaire avait toutefois des limites : seuls 25 % des interrogés croyaient que les « humains allaient recevoir ou faire un contact avec une forme de vie alien ». Et 60 % n’imaginaient aucunement, et à raison, que les transports en commun allaient remplacer la voiture.
Pessimisme sur l’avenir sociétal
D’autres pronostics ne se sont en revanche pas réalisés, à l’instar de l’arrivée d’un traitement contre le cancer ou l’élection d’une femme à la Maison-Blanche. Ils étaient respectivement 59 % et 66 % à être optimistes sur ces sujets. S’ils avaient anticipé une amélioration de l’accès aux soins médicaux – bien que le retour de Donald Trump au pouvoir remette cette avancée en cause –, les sondés étaient globalement convaincus que le « suicide assisté » serait la norme dans leur pays, alors qu’il n’est à ce jour autorisé que dans 12 États. Ils pensaient également qu’il serait devenu courant, en 2025, de « vivre jusqu’à 100 ans », mais les États-Unis ne comptent environ que 55 000 centenaires.
Par ailleurs, sur le plan économique, les Américains étaient 70 % à penser que la « qualité de vie des plus riches s’améliorerait » dans les 27 années à venir et une majorité prévoyait une « dégradation de la situation des plus démunis ». Cependant, les personnes interrogées s’avéraient déjà assez pessimistes sur l’avenir sociétal de leur pays : dans cette enquête, on apprend que 57 % d’entre eux pensaient que « leurs libertés individuelles » allaient se réduire.
Dans un contexte politique où le pays était secoué par la très médiatique affaire Monica Lewinsky, dans laquelle le président Bill Clinton était accusé d’avoir entretenu des relations sexuelles avec une stagiaire de la Maison-Blanche, la population anticipait une « baisse des valeurs morales ». Mais également une « hausse de la criminalité », alors que les Américains venaient de vivre une fusillade dans une école du Colorado, provoquant la mort de douze enfants. À noter qu’ils étaient, à l’époque, 60 % à être satisfaits de la « situation aux États-Unis »… contre seulement 24 % désormais, sous la mandature de Donald Trump.

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