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Ce salon écolo en Californie transforme ses déchets de beauté en or vert (et pourrait bien changer vos prochains rendez-vous)

Ce salon écolo en Californie transforme ces déchets de beauté en or vert (et pourrait bien changer vos prochains rendez-vous)

Quand on entre dans ce salon californien, on est d’abord frappé
par ce qui manque : pas de mur de bouteilles en plastique, presque
pas de poubelles, aucune odeur piquante. À la place, des plantes,
des bocaux de shampoing en vrac et des cheveux balayés vers un
compost de cheveux.

Ce décor appartient à Scisters, près de San Diego, présenté
comme l’un des premiers salons de coiffure zéro
déchet
. Quinze ans après son ouverture, il affirme
détourner jusqu’à 99 % de ses déchets des décharges, alors que les
salons d’Amérique du Nord envoient chaque jour environ 63 000
livres de cheveux à l’enfouissement.

De salon de quartier à laboratoire low‑waste

Melissa Parker et Easton Bajsec ouvrent Scisters en 2010 après
plusieurs années passées dans des salons traditionnels. Au départ,
l’adresse fonctionne comme n’importe quel salon boutique, avec des
dizaines de références d’une grande marque aux promesses
environnementales.

Le déclic vient quand Easton Bajsec découvre un documentaire sur
le mouvement zéro déchet et que des médecins relient les soucis de
santé de Melissa Parker à l’exposition chronique aux produits de
salon, alors que des études alertent sur des risques accrus pour
les coiffeurs. Les deux associées arrêtent les permanentes au
formaldéhyde, quittent les grandes marques et lancent leur propre
gamme rechargeable, Element.

Compost de cheveux, cire de sucre et shampoings
rechargeables

Sur les étagères, les shampoings et après‑shampoings Element
sont proposés en vrac dans de grands contenants, que les clientes
rechargent dans leurs flacons ou des bocaux en verre récupérés. Des
plantes vertes ponctuent la pièce et l’air sent la bergamote plutôt
que l’ammoniaque, ce que les clientes remarquent dès qu’elles
franchissent la porte.

En coulisses, la gestion des déchets est revue. Easton Bajsec
convainc la société locale de collecte d’accepter les cheveux
coupés pour le compost, les feuilles d’aluminium sont lavées puis
recyclées, les serviettes en tissu remplacent l’essuie‑tout et
l’épilation se fait désormais à la cire de sucre compostable. Le
salon a aussi adopté l’éclairage LED et des douchettes Ecoheads
économes en eau.

Un modèle à faible déchet qui reste
économique

Certaines concessions restent pourtant incontournables. Scisters
continue de proposer des décolorations très demandées, qui libèrent
de l’ammoniaque, un irritant respiratoire et digestif. Les petits
bouchons‑pompes en plastique et les gants en latex restent
également imposés par la réglementation. Ce reliquat, avec les
restes de colorations et les outils cassés, est expédié à
l’organisme Green Circle Salons : deux cartons de déchets
difficiles par an, facturés 200 dollars chacun, soit environ 185
€.

Melissa Parker affirme que ce positionnement est loin d’être un
luxe : “Passer au vert a été la meilleure chose que nous ayons
faite pour notre entreprise financièrement. Nous avons, par hasard,
créé un point de différenciation”
, citée par le Guardian.
Pendant la pandémie de Covid‑19, l’équipe a maintenu son loyer
grâce aux ventes de recharges réalisées sur le parking. Selon la
professeure Denise Baden, de l’université de Southampton, réduire
l’eau, l’énergie et les déchets fait souvent baisser les coûts.
Scisters partage désormais son expérience via un guide en ligne et
des conférences locales ; “nous recevons des appels d”autres
salons en permanence. Ce n’est pas durable si nous sommes les
seules à le faire”
, résume Easton Bajsec.

En quoi Scisters est‑il différent ?

Moins de plastique, des soins rechargeables et des cheveux
compostés.

Que deviennent les cheveux coupés ?

Ils sont collectés puis envoyés au compost via l’entreprise
locale.

Le modèle low‑waste coûte‑t‑il plus cher ?

Les fondatrices et Denise Baden évoquent plutôt une baisse
globale des coûts.