Elle coche toutes les cases de la candidate idéale pour briller
à l’international, mais rien ne dit qu’elle défilera sur la scène
de Miss Univers. Deux mois après son sacre,
Hinaupoko Devèze, Miss France 2026 originaire de
Tahiti, voit son nom associé à une question inattendue : la France
ira-t-elle vraiment au concours phare des reines de beauté cette
année ? Pour l’instant, la réponse reste suspendue.
D’un côté, le pays participe à Miss Univers depuis 1952 et a
décroché deux couronnes, celles de Christiane Martel en 1953 et
d’Iris Mittenaere en 2016. De l’autre, la société Miss
France et son président Frédéric Gilbert multiplient les
signaux de prudence, au point d’affirmer être “dans une expectative
totale” sur la participation d’Hinaupoko Devèze à Miss Univers
2026.
Hinaupoko Devèze, Miss France 2026 exemplaire mais “pas dans la
course”
Depuis décembre, la Tahitienne enchaîne engagements officiels et
rencontres avec le public. Frédéric Gilbert résume, dans les
colonnes de Paris Match : “Hinaupoko a tout de suite
compris la fonction, si bien qu’on a l’impression que ça fait déjà
un an”. Un début de règne jugé impeccable, qui pourrait
logiquement ouvrir la voie à une ambition mondiale.
Sauf que la principale intéressée n’affiche pas l’obsession Miss
Univers. Le patron de Miss France le dit clairement : “Elle
n’est pas dans la course aux concours internationaux”. Très
attachée à vivre son année au présent, loin de la pression des
réseaux sociaux, Hinaupoko Devèze met en avant sa cause, la santé
mentale, qu’elle relie à son histoire familiale et personnelle.
Fille de professionnels de la psychiatrie, marquée par un épisode
dépressif et par la maladie d’un frère, elle confie : “J’ai
toujours été très sensible à l’autre”.
Un Miss Univers chaotique et des doutes sur l’équité
Le frein ne vient pas seulement d’elle. La dernière édition de
Miss Univers, organisée en Thaïlande, a déclenché une vraie crise
de confiance. Frédéric Gilbert raconte à Paris Match :
“Aujourd’hui, je ne sais pas si on va y aller. Je ne sais même
pas qui dirige ce concours, ni comment il est financé. Quelle
garantie d’équité ? Pourquoi la Côte d’Ivoire [dont la
représentante figurait parmi les favorites, NDLR] n’a-t-elle pas
gagné ? Parce qu’il y avait soit disant un problème avec son
passeport. Se moquent-ils de nous ? Il n’y a même pas une agence de
communication capable de vous donner un argument valable. Beaucoup
de délégués ont annoncé qu’ils voulaient arrêter, donc on est dans
une expectative totale”.
À ces soupçons s’ajoute un véritable casse-tête financier. Le
même responsable pointe une licence à deux vitesses : “Pourquoi
demande-t-on un demi-million de dollars à la Thaïlande en droit de
participation, alors que nous on paye 40 000 ? Ça veut dire que la
Thaïlande va être favorisée par rapport à un petit pays d’Europe
qui paye une licence moins chère, sauf qu’à notre niveau, c’est un
gros budget”. Un demi-million de dollars représente près de
460 000 € et 40 000 dollars environ 37 000 €, des montants loin
d’être anecdotiques pour la société Miss France. Les organisateurs
de Miss Univers ont d’ailleurs demandé à venir “parler” à Paris :
“Ils veulent venir nous voir à Paris pour parler… C’est que ça
a vraiment tangué”, souffle Frédéric Gilbert.
Miss Monde et d’autres concours, des
pistes plus alignées avec ses valeurs
Dans ce contexte troublé, le projet d’Hinaupoko Devèze semble
mieux coller à d’autres scènes. Le président de Miss France
l’affirme : “Le concours Miss Univers n’est pas raccord avec ce
qu’elle veut faire. Elle a des valeurs et veut se servir de sa
notoriété pour transmettre des messages. La cause qu’elle s’est
choisie, celle de la santé mentale, n’est pas anodine”. Elle
serait “plutôt tentée par l’aventure Miss Monde”, un concours plus
axé sur les projets caritatifs. Frédéric Gilbert détaille :
“Miss Monde est un concours qui se rapproche beaucoup plus de
Miss France dans les valeurs, l’équité, dans ce que la candidate
doit défendre”, avant de rappeler : “Les anciennes Miss
France qui ont fait Miss Univers m’en reparlent et me disent
qu’elles auraient finalement bien fait Miss Monde.”
La réflexion ne s’arrête pas là. La société Miss France regarde
aussi vers d’autres compétitions comme Miss Supranational,
organisée en Pologne, que Frédéric Gilbert juge ainsi : “C’est
carré en termes d’équité et c’est un beau concours, la scène est
belle”. Un autre rendez-vous, Miss Cosmo, lancé au Vietnam,
tente également d’attirer la France. Mais là encore, la ligne reste
claire : “Envoyer une candidate pour envoyer une candidate, ça
n’a pas de sens”. Tant que les zones d’ombre autour de Miss
Univers ne sont pas levées, la présence d’Hinaupoko Devèze sur
cette scène reste donc tout sauf garantie.
Pourquoi la participation d’Hinaupoko Devèze à Miss Univers
2026 est-elle incertaine ?
Entre édition chaotique en Thaïlande, doutes sur l’équité, coût
élevé de la licence et projet personnel centré sur la santé
mentale, la décision reste en suspens.
Hinaupoko Devèze pourrait-elle aller à Miss Monde plutôt qu’à
Miss Univers ?
Oui, Frédéric Gilbert explique qu’elle est “plutôt tentée” par
Miss Monde, jugé plus proche des valeurs de Miss France et de son
engagement caritatif.
Quels autres concours internationaux la société Miss France
envisage-t-elle ?
La société Miss France s’intéresse notamment à Miss
Supranational, jugé plus “carré” sur l’équité, et échange aussi
avec les organisateurs du nouveau concours Miss Cosmo.

Partager :