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Miss France 2026 : cette ville va dépenser plus de 500 000 euros d’argent public pour l’élection

Miss France 2026 : cette ville va dépenser plus de 500 000 euros d’argent public pour l

Une élection, un show télévisé, des strass et, derrière, une
addition qui fait déjà grincer des dents. Pour accueillir Miss
France 2026 le 6 décembre au Zénith, Amiens a déroulé le tapis
rouge aux 30 Miss régionales, entre hôtel quatre étoiles, sorties
en baie de Somme et répétitions millimétrées. Derrière cette image
carte postale, la facture pour la collectivité amiénoise grimpe
très vite. Et là, la magie laisse place aux chiffres.

Depuis cet été, Amiens Métropole est mobilisée pour orchestrer
l’évènement, du séjour de 18 nuits des candidates jusqu’aux
tournages des magnétos diffusés sur TF1. “C’est un sprint
quotidien. J’ai l’impression que je ne suis plus directeur de
cabinet depuis deux mois. Depuis qu’elles sont arrivées, c’est tous
les jours un accompagnement. Il faut régler tous les soucis du
quotidien, à l’entraînement, l’hôtel, dans les représentations,
leur sécurité aussi lors des déplacements. Ce sont des journées
très lourdes”
, raconte Jean-Marc Albert, directeur de cabinet
d’Amiens Métropole, à France 3. Reste à savoir ce que cette
mobilisation représente, très concrètement, pour le budget de la
ville.

Miss France 2026 à Amiens : un budget de
550 000 euros pour trois semaines de show

Les 30 Miss sont arrivées à Amiens le 18 novembre et logent
toutes dans un hôtel quatre étoiles jusqu’à la soirée de
l’élection. Cette organisation, entièrement prise en charge par la
Métropole, est estimée à 550 000 euros.
Selon France 3, cette enveloppe comprend plusieurs postes bien
précis :

  • les 18 nuits d’hébergement des 30 Miss dans un hôtel quatre
    étoiles à Amiens ;
  • leur restauration pendant tout le séjour ;
  • un “ticket d’entrée” de 50 000 euros pour que la
    ville participe au concours ;
  • l’achat de matériel technique pour le Zénith (câblage, groupe
    électrogène, boîtiers électriques, mise aux normes), qui restera
    propriété de l’agglomération.

Présenté en conseil métropolitain, ce projet a été validé par la
majorité des élus, malgré l’opposition de deux groupes, “Amiens,
c’est l”tien” ! et “Communistes, Républicaines et Citoyennes”,
qui dénoncent “une gabegie financière.” Pour Léon
Deffontaines, candidat PCF sur la liste “Amiens en mieux”, le
problème est clair : “L’évènement Miss France est un
évènement privé et très rentable pour un gros groupe qui a les
reins solides. TF1 fait la rentabilité de cet évènement sur le dos
du contribuable amiénois. Est-ce que les Amiénois accepteraient de
payer aux grands artistes français des nuits d’hôtel quand ils
viennent se produire à Amiens ?”

Dépenses publiques, coûts cachés et promesse de vitrine pour
Miss France à Amiens

Sur les 550 000 euros mobilisés,
Amiens Métropole table sur 450 000 euros de recettes, via
la billetterie du Zénith et la vente d’espaces publicitaires à une
trentaine d’entreprises partenaires. Toutes les places de la
soirée, vendues 80 euros, se sont arrachées en quelques
minutes, tout comme celles de la répétition générale. La
collectivité assume donc un déficit annoncé de
100 000 euros. Mais pour l’opposition,
la facture réelle pourrait être plus élevée : “D’autres
coûts sont à envisager. Qui règle les factures de repas, de
déplacements des Miss ? La somme ne prend pas en compte tous
les agents de la ville mobilisés régulièrement pour accueillir les
miss, faire les visites et les rencontres. Je crains que les
dépenses ne soient bien plus élevées que les
550 000 euros annoncés alors qu’on a déjà un solde
négatif de 100 000 euros”
, alerte Léon
Deffontaines.

À chaque sortie, les Miss sont accompagnées par des agents
municipaux, tandis que la police municipale travaille avec la
police nationale pour sécuriser la délégation. Pour la mairie, ces
frais restent marginaux. “Ces coûts n’ont rien à voir avec ceux
d’un Tour de France. On ne les a pas comptabilisés, mais nous avons
moins besoin de bras que pour une étape”
, estime Jean-Marc
Albert. La ville met surtout en avant la visibilité offerte par un
programme qui rapporterait environ cinq millions d’euros de
recettes publicitaires à TF1, d’après une étude Yacast citée par
France 3.

Entre vitrine médiatique et critiques
féministes : le débat sur le coût de Miss France à Amiens

Pour justifier cet investissement, le maire Hubert de Jenlis
insiste sur l’exposition nationale qu’apportera l’élection de Miss
France 2026 au territoire. “Pendant plusieurs jours, notre
ville vivra au rythme du concours et sera sous les projecteurs. Le
6 décembre, des millions de téléspectateurs vont découvrir nos
atouts, notre patrimoine et notre sens de l’hospitalité. C’est une
formidable vitrine pour Amiens !”
, se réjouit-il sur le
site de Miss France. TF1 a imposé six activités tournées à Amiens
et filmées par la société de production Banijay, qui seront
diffusées pendant la soirée. “En termes de publicité, on est à
90 000 euros les 10 secondes sur TF1. Quand huit
millions de téléspectateurs vont voir ne serait-ce qu’un petit
extrait du marché de Noël, j’ose espérer que cela va attirer du
monde. On le verra très vite. Mais on verra aussi le cirque
d’Amiens, l’équipe des Gothiques, la cathédrale, la baie de
Somme”
, détaille encore Jean-Marc Albert, qui souligne aussi
que “La société Miss France, c’est 450 personnes à Amiens,
pendant une semaine. Tous leurs agents, leurs cadres, il faut les
loger. Quatre hôtels d’Amiens sont déjà remplis. Ce sont des
retombées immédiates.”

Dans le même temps, les associations locales pointent un choix
politique lourd de symboles. Selon France 3, la ville a consacré
67 430 euros en 2023 aux associations œuvrant pour
l’égalité femmes-hommes, la lutte contre les discriminations et
l’accompagnement des victimes de violences, pour 25 projets. Un
montant sans commune mesure avec les 550 000 euros
déployés pour Miss France. Le Planning familial 80 déplore
“un évènement qui convoque des codes rétrogrades, met les
femmes en concurrence et renforcent les stéréotypes”
, explique
Lucie Houlbreque. Martine Tekaya, de l’association Femmes
solidaires, rappelle : “Notre combat du 1ᵉʳ janvier au 31
décembre, ce sont des interventions scolaires pour lutter contre
les stéréotypes, pour l’égalité femmes-hommes et contre les
violences faites aux femmes. On ne peut pas soutenir Miss France
qui présente la beauté et la féminité uniquement au travers de
filles jolies, grandes, minces. Mais savoir en plus que des sommes
colossales sont dépensées pour une soirée alors qu’il y a des
sujets bien plus importants…”

Dans ce contexte, le concours continue tout de même de suivre
son cours, avec ses codes et son sérieux. Les 30 candidates ont
passé un test de culture générale, puis un entretien de
présélection à l’Hôtel de ville d’Amiens. “On est là pour un
moment très solennel et sérieux, comptez sur moi pour bien faire
mon travail !”
, a commenté Marine Lorphelin sur ses
réseaux sociaux, citée par Paris Match, alors qu’elle participait
au jury du Top 12 aux côtés d’Eve Gilles et de représentants
de la société Miss France, de TF1 et de la ville.

Après la soirée du 6 décembre, les hôtels et les
restaurants retrouveront leur fréquentation habituelle, le Zénith
accueillera d’autres spectacles et la municipalité pourra mesurer
précisément ce que Miss France 2026 aura rapporté, ou non, à
Amiens. Jean-Marc Albert, lui, ne semble pas douter de l’intérêt de
l’opération : “Si c’était à refaire, on le referait sans
problème.”

Combien coûte l’élection de Miss France 2026 à la ville
d’Amiens ?

Amiens Métropole a budgété une dépense de
550 000 euros pour accueillir Miss France 2026. Cette
somme couvre l’hébergement en hôtel quatre étoiles et la
restauration des 30 Miss pendant 18 nuits, un ticket d’entrée
de 50 000 euros pour participer au concours et du
matériel technique pour le Zénith qui restera propriété de
l’agglomération. La collectivité prévoit 450 000 euros de
recettes, soit un déficit annoncé de 100 000 euros.

Qui finance le budget de Miss France 2026 à Amiens ?

Les 550 000 euros sont financés par Amiens Métropole
avec de l’argent public. Une partie doit être compensée par la
billetterie du Zénith d’Amiens, où les places de la soirée ont été
vendues 80 euros, et par la vente d’espaces publicitaires à
une trentaine d’entreprises partenaires. Le reste, estimé à
100 000 euros, restera à la charge de la collectivité et
donc des contribuables locaux.

Quels sont les coûts indirects liés à Miss France à
Amiens ?

Au-delà des 550 000 euros annoncés, l’opposition
municipale souligne des coûts non chiffrés, comme le temps de
travail des agents municipaux mobilisés pour accompagner les Miss,
organiser les visites ou gérer la logistique quotidienne. Des
policiers municipaux sont aussi engagés aux côtés de la police
nationale pour sécuriser les déplacements. La mairie juge ces
dépenses indirectes limitées et ne les a pas intégrées au budget
officiel.

Quelles retombées économiques et médiatiques attend la ville
d’Amiens ?

La municipalité espère des retombées hôtelières et commerciales
immédiates, avec la présence d’environ 450 personnes de la société
Miss France logées à Amiens pendant une semaine. Elle mise aussi
sur la visibilité de la ville pendant le prime de TF1, où six
activités tournées à Amiens seront diffusées. Pour le maire et son
équipe, ces séquences s’apparentent à des spots publicitaires
gratuits, alors qu’un écran de 10 secondes coûterait environ
90 000 euros sur la chaîne.

Pourquoi le coût de Miss France à Amiens fait-il
polémique ?

Le coût de Miss France 2026 à Amiens est contesté pour deux
raisons principales : l’usage de fonds publics pour un
évènement privé très rentable pour TF1 et la société Miss France,
et la comparaison avec d’autres priorités locales. En 2023, la
ville a consacré 67 430 euros aux associations qui
œuvrent pour l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les
violences, un montant bien inférieur aux 550 000 euros
alloués au concours. Des associations féministes dénoncent aussi
l’image jugée rétrograde de Miss France.