L’idée semblait légère et s’est retrouvée en quelques heures au centre d’un débat qui dépasse la beauté. En cause, l’initiative de l’actrice de Pretty Little Liars Shay Mitchell, devenue cheffe d’entreprise.
Rini de Shay Mitchell : masques pour enfants, produits et prix
Au lancement, Rini propose trois références : deux masques Hydrogel (Hydrating et After‑Sun) et des masques en coton 100 % aux motifs Panda, Puppy et Unicorn. Développés en Corée du Sud, testés cliniquement aux États‑Unis et approuvés par des dermatologues, ils revendiquent aussi une approche “clean” et la certification Leaping Bunny. Côté prix, la presse évoque 6 à 7 CHF par masque ; aux États‑Unis, les hydrogel sont affichés 6,99 $ (environ 6,50 €) et les sheet masks 5,99 $ (environ 5,60 €).
Shay Mitchell s’appuie sur son vécu de mère pour raconter la genèse du projet : “Ce projet a mis trois ans à voir le jour, inspiré par mes filles, leur curiosité et tous ces petits moments où j’ai compris à quel point tout commence tôt”, a écrit Shay Mitchell sur Instagram. “Des anniversaires et maquillages festifs à l’envie de faire ‘comme maman’ avec ses masques visage… c’était inévitable”. “Un jour, Atlas m’a demandé: ‘Où est mon masque?'”, se souvient Mitchell.
Polémique “Sephora kids”, réactions et avis de dermatologues
Le lancement intervient alors que le phénomène des Sephora kids fait déjà débat, avec des préados attirés par des actifs d’adultes. Des spécialistes tempèrent l’intérêt de tels produits pour les tout‑petits. “Pour la peau des enfants, ces ingrédients ne sont pas nécessaires et certains sont même inadaptés”, explique la dermatologue Marianne Meli à Blue News. “La vitamine E, un antioxydant, est certes sans danger, mais elle n’est pas nécessaire dans l’enfance. La camomille doit être évitée chez les enfants sujets aux allergies, car elle peut déclencher des allergies de contact, surtout en cas de peau sensible ou d’allergie au pollen existante”, poursuit-elle.
“En règle générale, la peau des enfants en bas âge ne nécessite pas de soins complexes”, ajoute Meli, “un nettoyage doux et une protection solaire conséquente suffisent. Il est important que les produits de nettoyage aient un pH neutre, qu’ils soient sans savon et sans parfum, afin de ne pas perturber la barrière protectrice naturelle”. “La règle pour une peau saine est la suivante: aussi peu que possible, autant que nécessaire”, explique Meli.
La dermatologue Amy Perkins lie la controverse à une normalisation de routines dès le plus jeune âge : “J’aimerais que ce soit un épisode de Black Mirror. Mais non. C’est la réalité. […] Masques hydrogel. Soin après-soleil. Sérums vitaminés pour les tout-petits. Le tout présenté comme un gage de “confiance en soi’” de “créativité” et de “bien-être”. Mais les enfants n’ont pas besoin de routines de soins. Ils ont besoin de jouer librement et d’adultes qui les protègent du marketing cosmétique qui leur fait croire que leur peau a besoin d’être “réparée” et ceux qui ont des problèmes de barrière cutanée doivent consulter un médecin”, a dénoncé la spécialiste.
“Les masques pour le visage ne sont pas indispensables à la routine beauté de qui que ce soit, adulte ou enfant”. “Rien ne prouve qu’ils soient plus efficaces qu’une simple crème hydratante, et leur impact environnemental est considérable. Ce qui m’inquiète le plus, ce n’est pas ce qui se trouve sur la peau, mais ce qui se passe dans l’esprit”. Au moment d’écrire ces lignes, Shay Mitchell n’avait pas répondu aux nombreuses critiques, et Rini est disponible sur son e‑shop.

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