À Sousse, une nouvelle opération de contrôle relance le débat sur le marché de la banane en Tunisie. Le gouvernement s’attaque-t-il enfin à un produit devenu symbole de la cherté de la vie ?
Dimanche 22 février 2026, les équipes de la direction régionale du commerce, appuyées par la police et la garde nationale, ont mené une campagne ciblant la vente et l’exposition de bananes de contrebande chez des détaillants pratiquant des prix jugés excessifs.
Saisie de 254 kilogrammes
Selon le directeur régional du commerce, Riadh Guesmi, l’opération a abouti à la saisie de 254 kilogrammes et à la constatation de plusieurs infractions économiques. Des sanctions administratives sont prévues, dont la fermeture des locaux concernés. La marchandise confisquée a été réinjectée dans les circuits commerciaux au prix de 7 dinars le kilo.
Cette intervention n’est pas isolée. Quelques jours plus tôt, une campagne similaire avait été lancée à Tozeur, où des quantités importantes de bananes avaient également été saisies dans le cadre de la lutte contre la spéculation et la contrebande. Ces actions successives traduisent un durcissement du contrôle sur un produit sensible.
Pourquoi la banane est-elle si chère en Tunisie ?
Le marché est soumis à un régime d’importation strictement contingenté. Les volumes autorisés sont limités et distribués via des mécanismes peu clairs, ce qui réduit la concurrence et favorise les tensions sur l’offre. À cela s’ajoutent les coûts d’importation, les marges intermédiaires et, surtout, les circuits parallèles alimentés par la contrebande. Résultat : le prix peut dépasser largement le seuil considéré comme “acceptable” par les autorités, transformant un fruit courant ailleurs en produit quasi de luxe sur le marché local.
Rappelons dans ce sens que plusieurs opérations de plafonnement du prix de ce fruit avaient échoué auparavant, le ministère du Commerce n’est pas parvenu à faire respecter ces tarifs.
Corriger les déséquilibres structurels
En affichant publiquement les saisies et en imposant un prix encadré pour les quantités confisquées, le gouvernement envoie un double signal : réaffirmer son autorité sur les circuits de distribution et répondre à une opinion publique exaspérée par la flambée des prix. Reste à savoir si ces campagnes ponctuelles suffiront à corriger les déséquilibres structurels d’un marché étroitement contrôlé, où la rareté organisée alimente mécaniquement la spéculation.

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