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Ramadan : Priorité au produit tunisien, l’import comme dernier recours

Ramadan : Priorité au produit tunisien, l’import comme dernier recours

Pour ce ramadan, la Tunisie affiche une ligne claire en matière d’approvisionnement : compter d’abord sur ses propres ressources. Devant le Conseil national des régions et des districts, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a détaillé une stratégie articulée autour de la production locale, du contrôle des circuits de distribution et de la régulation des prix.

Dans un contexte marqué ces dernières années par des tensions ponctuelles sur certains produits de base, le département du Commerce entend sécuriser le marché en privilégiant l’offre nationale. Le recours à l’importation ne sera envisagé qu’en dernier ressort, dans des situations jugées exceptionnelles et conjoncturelles. Cette orientation vise à garantir la régularité de l’approvisionnement tout en préservant les équilibres financiers et la capacité d’achat des ménages.

Priorité au marché intérieur

La stratégie annoncée repose sur une hiérarchisation claire : satisfaire d’abord la demande des familles et des professionnels à partir de la production nationale. L’objectif affiché est double : assurer une gestion rigoureuse des stocks et éviter toute perturbation susceptible d’alimenter spéculation ou flambée des prix.

Le ministère insiste également sur la transparence des transactions au sein des circuits de distribution et sur la lutte contre les pratiques illicites, notamment l’accaparement, la contrebande et la fraude. À l’approche d’un mois traditionnellement marqué par une hausse de la consommation, les services de contrôle économique devraient intensifier leurs interventions.

Produits de base et stocks stratégiques

Selon le ministre, plusieurs produits ayant connu des pénuries par le passé sont actuellement disponibles, à l’instar du lait, de la farine, du café et du sucre. Un stock stratégique serait constitué au niveau de l’Office du commerce afin d’anticiper toute tension.

L’approvisionnement concernera aussi les produits saisonniers, les viandes rouges et blanches, les produits de la pêche, les conserves ainsi que l’huile d’olive. Un programme spécifique prévoit la commercialisation d’huile d’olive vierge extra conditionnée, à des prix jugés accessibles, au profit des adhérents des amicales et coopératives du secteur public ainsi que dans les grandes surfaces.

Une attention particulière sera accordée aux quartiers populaires et aux zones rurales, notamment pour le café et l’huile végétale subventionnée, et dans certains cas pour l’huile d’olive.

Encadrement des prix

Sur le volet des prix, le ministère a mis en place une stratégie spécifique pour Ramadan, articulée autour de cinq axes. Parmi les mesures annoncées figurent le gel des prix de certains produits constituant le panier de base du citoyen, l’encadrement des prix et des marges bénéficiaires, ainsi qu’un accord avec les producteurs, grossistes et détaillants pour respecter des plafonds fixés à l’avance.

En filigrane, le message est politique autant qu’économique : face aux incertitudes extérieures et aux tensions sur les marchés internationaux, la Tunisie mise sur ses capacités internes pour traverser le mois de Ramadan sans heurts majeurs. Reste à savoir si la discipline des acteurs du marché et le comportement des consommateurs permettront de traduire cette ambition en stabilité effective sur les étals.