Un lancer de sandwich comme acte de résistance. Le 10 août dernier, alors que Donald Trump prend le contrôle de la police métropolitaine de Washington et y déploie 800 gardes nationaux pour « rétablir la loi, l’ordre et la sûreté publique », des manifestants descendent dans la rue pour protester. Lors d’un face-à-face tendu, un homme, Sean Dunn, lance un sandwich sur la poitrine d’un agent fédéral en service en criant : « Je vous emmerde, salopards de fascistes ! » Poursuivi pour « assault » (agression) et « entrave » à la mission des forces de l’ordre, il a été acquitté ce jeudi 6 novembre par un jury populaire.
« Je suis tellement heureux que la justice l’emporte malgré tout ce qui se passe. Cette nuit-là, je défendais les droits des immigrés », a déclaré celui que les opposants à Donald Trump ont surnommé « Sandwich guy », dont de nombreux dessins inspirés par l’art de Banksy ornent la capitale américaine.
Camouflet pour le département de la Justice
Sean Dunn travaillait comme spécialiste des affaires internationales au sein de la division criminelle du ministère de la Justice. La procureure générale en personne, Pam Bondi, avait annoncé son licenciement sur les réseaux sociaux, le qualifiant « d’exemple du deep state » (État profond). Dans la foulée, la Maison-Blanche avait diffusé une vidéo théâtrale de son arrestation par une unité lourdement armée.
Les procureurs fédéraux avaient d’abord tenté d’obtenir une inculpation pour une felony (un crime) passible de 8 ans de prison, sans parvenir à convaincre un grand jury. L’acte d’inculpation avait finalement été réduit à un misdemeanor (délit) passible d’un an de prison.
L’agent, pour témoigner de la force de l’impact, a assuré que le sandwich avait « explosé » et qu’il sentait après coup « la moutarde et les oignons ». « Un sandwich de chez Subway ne pouvait pas infliger de blessure corporelle », a plaidé une avocate de la défense, rappelant que l’agent portait un gilet pare-balles et que le sandwich, toujours emballé après avoir rebondi, n’avait pas « explosé ». Elle a qualifié le lancer de « geste de frustration », notant que le droit de manifester de son client était protégé par le premier amendement.
Les procureurs, eux, ont diffusé une vidéo de l’incident, assurant qu’il s’agissait d’une affaire « sérieuse ». Mais selon les journalistes présents, plusieurs jurés se sont retenus de rire. Fallait pas les prendre pour des jambons.

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