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Les missiles ukrainiens Flamingo peuvent-ils remplacer les Tomahawk américains ?

Les missiles ukrainiens Flamingo peuvent-ils remplacer les Tomahawk américains ?


Engagée dans une guerre qui paraît interminable face à la Russie, l’Ukraine a peut-être trouvé ce qui pourrait changer la donne. Depuis plusieurs mois, Kiev a mis au point un missile qui pourrait rivaliser, voire remplacer, le missile américain Tomahawk.

Une longue enquête réalisée par The Independent met en lumière le nouveau missile Flamingo, fabriqué par Fire Point, une entreprise ukrainienne. Présenté en août dernier, ce missile a déjà été testé à plusieurs reprises. Et les résultats sont plus que positifs pour Kiev, car il présente de meilleures performances que le Tomahawk. Il a une meilleure portée (3 000 kilomètres contre 1 500 pour le Tomahawk), transporte plus d’explosifs (1 100 kilogrammes contre 500) et a un coût bien moindre (500 000 dollars par missile contre 2 millions). Et en atteignant les 950 kilomètres-heure, le Flamingo a également une vitesse supérieure. Il s’agit du missile « le plus puissant jamais fabriqué par l’Ukraine », se félicitait Volodymyr Zelensky.

Concrètement, cela permettrait à l’Ukraine de frapper 70 des 90 bases aériennes russes ainsi que la majorité de ses usines d’armements. La ville de Moscou, située à 800 kilomètres à vol d’oiseau de la frontière, pourrait également être ciblée, faisant ainsi accroître la pression sur son adversaire.

Indépendance totale

Mais pour Kiev, le plus gros avantage est la liberté que lui laisse le Flamingo. Car si des alliés ont déjà fourni à l’Ukraine des missiles de ce type, ils imposaient leurs règles. « Le Royaume-Uni et la France ont limité pendant de nombreux mois l’usage des missiles de croisière Storm Shadow à des cibles russes uniquement situées en Ukraine », indique The Independent. Des restrictions similaires ont été imposées par les États-Unis pour les Tomahawk et les ATACMS.

« Kiev peut tirer le Flamingo sur n’importe quelle cible qu’elle choisit, sans être contrainte par les restrictions imposées par ses “alliés” lorsqu’elle combat les forces d’invasion russes », poursuit le média britannique.

À LIRE AUSSI « Kiev ou Moscou, je m’en fous ! » : sous les bombes russes, le dilemme des habitants du Donbass « Nous devons tous grandir et construire notre propre sécurité de nos propres mains. […] Ce que nous apprenons ici, en Ukraine, c’est qu’il faut diversifier et compter sur soi-même. Il faut s’appuyer sur ses propres ressources – et c’est ce que l’Europe doit désormais faire », assure Lyna Terekh, directrice technologique de Fire Point.

Un rendement de 200 missiles par mois ?

Mais pour pouvoir mettre au point le Flamingo, l’Ukraine a dû s’affranchir des normes de l’Otan. « Quand on vous pointe une arme sur la tête, vous ne pensez pas aux normes : vous dites seulement que ça doit marcher », explique Lyna Terekh. Selon elle, « la grande réussite du gouvernement ukrainien est d’avoir réduit au maximum la pression bureaucratique pour permettre à la technologie de prospérer ».

Une volonté que Fire Point ne tente pas de dissimuler. « C’est ce qui est arrivé à notre entreprise : nous ne nous soucions pas de respecter les normes de l’Otan. Nous voulions simplement que nos armes soient efficaces sur le front, pas sur du papier administratif. Résultat : nous avons pu concevoir une arme très efficace », se réjouit-elle auprès de The Independent.

À LIRE AUSSI L’Ukraine peut-elle vraiment reconquérir l’ensemble de son territoire ? Mais pour que le missile Flamingo soit vraiment efficace sur l’issue de la guerre, il faut que la production suive. L’entreprise ukrainienne assure en fabriquer près de 50 par mois et estime être en mesure d’arriver à en produire 200 par mois d’ici la fin de l’année.

Un rendement rendu possible grâce à un processus simplifié au maximum. Fire Point indique qu’il ne faut que quelques heures pour construire les ailes, une demi-heure seulement pour le fuselage, composé d’un mélange de plastique et de fibre de carbone. « Ces engins légers sont assemblés à la colle, imprimés en 3D, propulsés par des moteurs de tondeuse à gazon et guidés grâce à des systèmes de navigation open source », révèle également le média britannique.