Selon « The Washington Post », l’administration américaine souhaite revoir ses recommandations vaccinales en s’inspirant du modèle danois. Mais les scientifiques alertent sur les risques pour la santé des enfants américains.
L’administration Trump prévoit de modifier la politique du gouvernement fédéral sur les recommandations vaccinales, révèle ce samedi The Washington Post. Elle souhaite s’appuyer sur le modèle danois et inciter les parents à consulter un médecin avant de prendre des décisions sur la vaccination, rapportent deux sources. « Cette approche marquerait un tournant majeur pour le système de santé américain », précise le quotidien américain, car ce système s’appuie sur les agences fédérales pour définir les mesures de protection des patients.
Les vaccins concernés ne sont pas encore connus. Début décembre, le président américain déclarait sur son réseau Truth Social que « le calendrier vaccinal américain est devenu excessif ». Aux États-Unis, la vaccination couvre 18 maladies infectieuses, rappelle The Washington Post. Selon Donald Trump, elle est plus importante que dans la plupart des autres pays développés.
Le secrétaire américain à la Santé, Robert Francis Kennedy Jr., critique lui aussi depuis des années le calendrier vaccinal infantile, qu’il considère « explosif ». Il estime qu’un lien existe entre l’augmentation des maladies chroniques, de l’autisme, des allergies alimentaires et le calendrier. L’administration réclame ainsi l’approfondissement de l’examen du calendrier, bien que les scientifiques s’y opposent.
Comparaisons trompeuses avec le Danemark
Le Danemark est régulièrement cité en exemple par l’administration Trump. Ce pays nordique prévoit la vaccination contre 10 maladies infectieuses. La grippe, le virus respiratoire syncytial (VRS) et la varicelle ne sont pas recommandés. Pourtant, la principale cause d’hospitalisation des nourrissons aux États-Unis est le VRS, et 280 enfants sont morts de la grippe l’an passé.
« On ne peut pas appliquer sans conteste les politiques d’autres pays aux États-Unis », déclarait Demetre Daskalakis, l’ancien dirigeant des centres de maladies respiratoires et de la vaccination dans la principale agence sanitaire des États-Unis (CDC). Car les deux pays diffèrent en termes de population, de systèmes de santé et de prévalence des maladies.
« Ils soutiennent que ce qui fonctionne dans le système de santé danois, petit et universel, peut être facilement transposé à la population américaine, bien plus nombreuse et diversifiée, où l’accès aux soins de qualité est inégal », poursuit The Washington Post. Une situation qui inquiète les scientifiques. David Higgins, professeur adjoint de pédiatrie à l’université du Colorado Anschutz, s’alarme : « Je n’ai jamais été aussi préoccupé par l’avenir des vaccins et la santé des enfants qu’aujourd’hui. »

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