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CAN 2025 : Égypte, Nigeria, Mali… sont-ils toujours des poids lourds ?

CAN 2025 : Égypte, Nigeria, Mali… sont-ils toujours des poids lourds ?

Ils font moins de bruit que d’autres, mais leur palmarès impose le respect. Égypte, Nigeria, Tunisie : les outsiders qui n’en sont pas vraiment.

Ils sont parfois relégués au second plan dans les pronostics, mais rarement absents au moment de rendre des comptes. Égypte, Nigeria et Tunisie abordent la CAN 2025 avec des trajectoires contrastées, une même expérience et un point commun : il serait imprudent de les enterrer trop vite.

L’Égypte, toujours prisonnière de son rang

Nation la plus titrée du continent, l’Égypte traverse une période de doute depuis une année 2022 traumatique, marquée par une double défaite face au Sénégal, en finale de la CAN puis en barrage mondial. Pourtant, pour Mohamed Salah, qui s’apprête à disputer sa cinquième Coupe d’Afrique, l’objectif reste immuable : gagner.

La sélection égyptienne continue de s’appuyer sur un socle largement local, une singularité parmi les grandes nations africaines. Un choix assumé mais de plus en plus contraignant, à l’heure où les concurrents alignent des effectifs cosmopolites et surmédiatisés. Le sélectionneur Hossam Hassan ne s’en cache pas, parfois jusqu’à la polémique, dénonçant l’écart structurel avec les sélections riches en expatriés.

Al Ahly demeure le principal pourvoyeur de joueurs (neuf), tandis que Zamalek et Pyramids FC complètent un groupe où émergent quelques individualités fortes, comme Omar Marmoush. Mais c’est bien autour de Salah que se cristallisent tous les espoirs. Soutenu sans réserve par son sélectionneur, le capitaine incarne sans doute l’une de ses dernières chances d’inscrire la CAN à son palmarès. Et l’histoire rappelle qu’il ne faut jamais défier un champion dos au mur.

Le Nigeria, la constance comme ADN

Éliminé avec fracas lors des barrages mondialistes face à la RDC, le Nigeria arrive au Maroc animé par un esprit de revanche. Depuis l’arrivée d’Éric Sékou Chelle, l’ancien sélectionneur du Mali, les Super Eagles ont retrouvé une colonne vertébrale et une identité, malgré l’échec final.

Peu de sélections affichent une telle régularité en Coupe d’Afrique : seize demi-finales depuis 1976, trois sacres, et une capacité rare à répondre présent dans les grands tournois. Emmené par Victor Osimhen et Ademola Lookman, entourés de cadres comme Ndidi ou Iwobi, le Nigeria reste un sérieux prétendant.

La retraite internationale de William Troost-Ekong, capitaine emblématique et meilleur joueur de la dernière CAN, a surpris. Mais elle pourrait aussi agir comme un électrochoc. Une bête blessée, en Afrique, est rarement inoffensive.

La Tunisie, fidèle à sa réputation

Jamais spectaculaire, souvent redoutable. La Tunisie avance avec ses certitudes : discipline, solidité, rigueur tactique. Qualifiée sans trembler pour la Coupe du monde et auteur d’un nul face au Brésil, elle confirme une dynamique impressionnante, notamment sur le plan défensif.

Neuf victoires, un nul, vingt-deux buts marqués, aucun encaissé lors des éliminatoires : des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Sans s’appuyer massivement sur une diaspora, les Aigles de Carthage parviennent néanmoins à attirer quelques profils binationaux, à l’image de Hannibal Mejbri ou Ismaël Gharbi.

Soutenue par un noyau expérimenté et un contingent toujours conséquent de joueurs évoluant en championnat local, la Tunisie reste fidèle à son surnom d’« Italiens d’Afrique ». Un compliment, en tournoi.

Et le Mali ?

Puissance de formation, géant sans couronne, le Mali demeure un paradoxe du football africain. Capable de séduire par le jeu, mais trop souvent rattrapé par ses démons, il arrive à cette CAN dans un contexte plus flou, après une campagne mondiale décevante et un changement de sélectionneur.

Pourtant, l’ambition reste intacte. Les discours sont forts, les individualités bien présentes, et l’histoire rappelle que les Aigles finissent presque toujours par s’inviter dans la discussion. Le premier tour dira s’ils sont enfin prêts à franchir ce plafond de verre.