Le président nord-américain a pris pour la première fois la parole sur le contenu des « dossiers Epstein » depuis leur mise en ligne par son administration.
Sa réaction était très attendue. Alors qu’il avait promis lors de sa campagne de 2024 la révélation du contenu des « dossiers Epstein », Donald Trump a fait patienter les Américains de longs mois avant de tenir promesse. C’est une version tronquée et caviardée des 300 000 documents déclassifiés qui a finalement été mise en ligne par son administration. La démarche a suscité beaucoup de critiques.
Plusieurs victimes du criminel sexuel ont dénoncé des censures à outrance, notamment d’un document de 119 pages, mais aussi de photos où pourrait, d’après elles, être représenté le locataire de la Maison-Blanche. L’administration Trump a d’ores et déjà assuré que le masquage des photos et des textes n’avait pas pour but de protéger le dirigeant nord-américain : « Nous ne caviardons pas les informations concernant le président », a ainsi assuré Todd Blanche, procureur général adjoint des États-Unis. Jusqu’alors, Donald Trump ne s’était pas personnellement exprimé sur le sujet.
« Vous ruinez la réputation de quelqu’un »
C’est désormais chose faite. Depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, lundi 22 décembre, le milliardaire de 79 ans a pris la parole pour la première fois. Il s’est inquiété que certaines personnes « ayant innocemment rencontré » Jeffrey Epstein, par exemple « parce qu’il était à une fête », puissent être injustement mises dans l’embarras : « Vous ruinez la réputation de quelqu’un. »
Il a aussi souligné que « tout le monde était sympa avec ce type », figure de la jet-set new-yorkaise. Et a même défendu son lointain prédécesseur, le démocrate Bill Clinton, notamment présent sur un cliché, dans un jacuzzi aux côtés d’une silhouette masquée. L’équipe de l’ancien locataire de la Maison-Blanche a pour sa part exhorté l’administration Trump à dévoiler l’entièreté des contenus le concernant, assurant dans un communiqué qu’il n’avait rien à cacher : « Quelqu’un ou quelque chose est protégé. Nous ne savons pas qui, quoi et pourquoi. Mais nous savons une chose : nous n’avons pas besoin d’une telle protection. »
Le ministère « a enfreint la loi », d’après les démocrates
De son côté, le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer a fustigé « une opération de dissimulation » lundi. Il a soumis une proposition de loi pour accentuer la pression sur le ministère de la Justice : d’après le sénateur, celui-ci a « enfreint la loi » en ne publiant pas l’intégralité des dossiers Epstein vendredi.
De son côté, le ministère a indiqué avoir besoin de davantage de temps pour publier le reste des fichiers, assurant vouloir protéger au mieux les victimes dont l’identité risquerait d’être dévoilée. Dans la foulée, une victime du criminel sexuel a dénoncé le fait que son nom n’ait pas été caviardé.
Sur X, son avocat maître Aaron Parnas a « confirmé que son nom n’est actuellement pas caviardé dans plusieurs documents publics » et a relayé sa lettre au gouvernement.

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