Miraculée en 2024, la Côte d’Ivoire aborde la CAN 2025 avec le poids du titre et bien des incertitudes. Être champion est une chose, durer en est une autre.
Champion d’Afrique en titre, la Côte d’Ivoire a parfaitement lancé sa CAN 2025. Mercredi 24 décembre à Marrakech, les Éléphants ont dominé le Mozambique (1-0) pour leur entrée en lice dans le groupe F. Longtemps brouillons mais solides, ils ont pu compter sur Amad Diallo pour assurer l’essentiel et signer un départ maîtrisé dans la défense de leur couronne continentale.
Emerse Faé, l’heure de la confirmation
Arrivé en urgence après l’échec du premier tour lors de la CAN 2024, le sélectionneur Emerse Faé avait réussi un tour de force : Un électrochoc historique. Mais cette fois, le sélectionneur ivoirien ne bénéficie plus de l’effet de surprise. La CAN 2025 sera sa première compétition préparée de bout en bout.
Qualifiée sereinement pour la Coupe du monde, la Côte d’Ivoire a maîtrisé sa phase de groupes, malgré une résistance notable du Gabon, qu’elle retrouvera d’ailleurs dès le premier tour. Le message du sélectionneur est limpide : assumer le statut.
« On ne va pas se cacher. Nous sommes les tenants du titre. L’objectif est clair : aller au Maroc, déposer la coupe et rentrer avec », martèle Emerse Faé.
Placés dans le groupe E, les Éléphants croiseront rapidement le Cameroun, rival historique, pour une affiche déjà à guichets fermés. Un choc attendu, mais que Faé refuse d’ériger en obsession.
« Nous ne sommes pas là pour battre le Cameroun. Nous sommes là pour gagner la CAN. »
Continuité assumée, renouvellement imposé
On ne change pas une équipe qui gagne… sauf quand le temps et les corps en décident autrement. Sur les champions d’Afrique 2024, seuls 13 sont reconduits. Peut-être 12 si Sébastien Haller, touché aux ischio-jambiers, devait renoncer.
Un coup dur immense. Héros du sacre, l’attaquant avait changé le visage de la Côte d’Ivoire lors des matches à élimination directe, décisif contre le Sénégal, le Mali, la RD Congo et le Nigeria en finale. Son éventuelle absence laisse un vide autant sportif que symbolique.
Pour compenser, Faé injecte du sang neuf. Yan Diomandé, Christ Inao Oulaï, Bazoumana Touré incarnent l’avenir. À 19 ans, ces talents formés ou révélés hors du pays traduisent la vitalité du vivier ivoirien. S’y ajoute Amad Diallo, 23 ans, enfin prêt pour sa première CAN.
En revanche, les choix de cadres suscitent le débat. Jean-Michel Seri, Seko Fofana ou Wilfried Bony arrivent avec peu de temps de jeu. Wilfried Zaha, désormais à Charlotte, signe son retour.
Nicolas Pépé, l’affaire de trop
Certaines absences sont sportives. D’autres politiques. Celle de Nicolas Pépé appartient à la seconde catégorie. Performant à Villarreal, l’ancien Lillois paie une communication mal maîtrisée après des propos sur les binationaux, sujet ultrasensible en Côte d’Ivoire.
Emerse Faé l’a reconnu : la décision dépasse le cadre strictement technique. Un signal fort envoyé au groupe, mais aussi une perte sportive réelle.
Autres absents notables : Simon Adingra, révélation de la CAN 2024, et Wilfried Singo, blessé, dont l’absence fragilise une défense déjà remaniée.
Le poids du titre
Être champion d’Afrique ne garantit rien. Au contraire. La CAN 2025 sera pour la Côte d’Ivoire un test de maturité, de gestion de la pression et de profondeur d’effectif. Les Éléphants ont le talent, l’expérience… et désormais une cible dans le dos.
Défendre un titre est souvent plus difficile que le conquérir. L’Afrique attend de voir si la Côte d’Ivoire est entrée dans une ère, ou si son sacre restera un sommet isolé.

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