Nicolas Maduro a assuré, jeudi, à la télévision d’État, qu’il était disposé à discuter avec Donald Trump d’« un accord de lutte contre le narcotrafic ». Les ressources en pétrole du pays sont aussi sur la table des négociations.
Vers la fin de plusieurs mois de tensions entre le Venezuela et les États-Unis ? Jeudi 1er janvier, le président vénézuélien Nicolas Maduro s’est dit « prêt » à discuter avec son homologue américain, Donald Trump, lors d’une interview donnée à la chaîne de télévision d’État VTV.
Cette annonce survient à peine deux jours après que Donald Trump a révélé la première frappe américaine contre des infrastructures portuaires vénézuéliennes. « Il y a eu une grosse explosion dans la zone portuaire où ils chargent les bateaux de drogue », avait déclaré le président américain depuis Mar-a-Lago, sa résidence en Floride.
« Ils chargent les bateaux de drogue. Alors on a neutralisé tous les bateaux, et maintenant, on s’attaque à la zone. C’est la zone de transit, là où ils effectuaient les opérations, et cette zone n’existe plus. », a-t-il ajouté.
« S’ils veulent discuter sérieusement d’un accord de lutte contre le narcotrafic, nous sommes prêts », a déclaré de son côté Nicolas Maduro. Autre sujet abordé au cours de cet entretien, la possibilité de conclure « des accords de développement économique », notamment sur le secteur pétrolier.
« S’ils veulent du pétrole du Venezuela, le Venezuela est prêt pour des investissements américains, comme avec Chevron, quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent. » Caracas est en effet assise sur les plus importantes réserves de pétrole connues au monde.
Frappes américaines dans les Caraïbes
Depuis août 2024, l’armée américaine mène des frappes, en dehors, semble-t-il, de tout cadre légal, contre des navires qui, selon elle, transportent de la drogue. Au moins quatre-vingts trafiquants présumés ont été tués dans la mer des Caraïbes.
Chasseurs F-35 déployés à Porto Rico, navires de débarquement, sous-marins, frégates… la présence militaire américaine s’est considérablement renforcée dans la zone. Dernier arrivé en date, l’USS Gérald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde.
En novembre, le secrétaire d’État à la guerre a lancé l’opération « Southern Spear » (« Lance du Sud », en français). Au-delà de la lutte contre le trafic de drogue, elle vise, selon Pete Hegseth à « défendre notre patrie, éliminer les narcoterroristes de notre hémisphère et protéger notre pays des drogues qui déciment notre population. L’hémisphère occidental est le voisinage de l’Amérique – et nous le protégerons ».
Sous couvert de lutte contre le narcotrafic, Donald Trump semble souhaiter avant tout le départ de Nicolas Maduro à la tête du Venezuela. Une récompense de 50 millions de dollars (le double de celle pour Oussama ben Laden) en échange de toute information permettant son arrestation est toujours d’actualité.

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