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Alvin Hellerstein, le juge de 92 ans qui doit sceller le destin de Maduro

Alvin Hellerstein, le juge de 92 ans qui doit sceller le destin de Maduro

Nommé sous Bill Clinton, ce vétéran des tribunaux new-yorkais préside dès ce lundi le procès du leader chaviste. Un ultime défi pour ce magistrat réputé pour sa rigueur et son indépendance.

À 92 ans, Alvin Hellerstein va s’attaquer ce lundi à l’un des dossiers les plus sensibles de sa carrière : celui du président vénézuélien Nicolas Maduro, capturé par l’armée américaine samedi. Narcotrafic, corruption, faits assimilés au terrorisme : la liste des accusations est lourde, mais ne semble pas impressionner le nonagénaire.

Nommé en 1998 par Bill Clinton, il compte parmi les plus âgés des juges fédéraux encore en activité aux États-Unis. Cet ancien diplômé de Columbia continue de présider les audiences avec une vigilance intacte, malgré l’usage désormais nécessaire d’écouteurs pour pallier ses problèmes d’audition. Au fil de sa carrière, Hellerstein s’est frotté à des affaires d’envergure, notamment celles liées aux attentats du 11 septembre 2001, forgeant sa réputation de juge rigoureux, précis et intransigeant sur la procédure.

Chez lui, le respect scrupuleux de l’État de droit prime sur tout le reste. Chaque détail est examiné, chaque argument disséqué. Le procès à venir sera donc long et exigeant, avec une issue encore incertaine. Ses décisions passées témoignent d’un équilibre revendiqué : tantôt favorables, tantôt défavorables à Donald Trump. Il avait par exemple bloqué l’administration du président en s’opposant à l’application de l’Alien Enemies Act, visant à expulser des ressortissants vénézuéliens soupçonnés d’appartenir à des gangs.

Discipline religieuse et rigueur intellectuelle

De confession juive orthodoxe, Alvin Hellerstein revendique une discipline à la fois religieuse et intellectuelle, sans que celle-ci n’interfère, selon lui, avec son rôle de magistrat. Dans un article intitulé « The Influence of a Jewish Education and Jewish Values on a Jewish Judge », il affirme que « la manière dont un juge statue ne devrait pas dépendre de son éducation ou de ses valeurs religieuses ». Une ligne de conduite qu’il a illustrée en novembre dernier en condamnant Olivier Amar, ancien dirigeant financier de la startup Frank, à 68 mois de prison pour fraude, sans égard pour ses croyances religieuses ou sa citoyenneté israélienne.

Désormais, c’est dans l’un des tribunaux les plus stratégiques des États-Unis, au carrefour de la sécurité nationale, de la criminalité internationale et du terrorisme, qu’Alvin Hellerstein devra se prononcer sur le sort de Nicolas Maduro. Une décision éminemment attendue, susceptible de redéfinir les contours du droit international contemporain. Reste à savoir si ce défenseur inflexible de l’État de droit saura résister aux pressions d’un exécutif américain de plus en plus déterminé à imposer sa loi.