Le mouvement de protestation en Iran continue de s’intensifier malgré la répression et la coupure d’internet. Alors que les manifestants défilent dans les rues, Reza Pahlavi, fils du dernier chah, les appelle à « se préparer à prendre » les centres-villes.
À Téhéran et dans plusieurs autres villes, des milliers de manifestants sont de nouveau descendus dans les rues, vendredi soir, scandant « Mort au dictateur ». C’est la troisième fois de suite qu’ils bravent la répression, pour ce qui constitue le mouvement de contestation le plus important depuis celui de 2022.
Un tournant ? C’est ce que croit en tout cas Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran, qui, dans ce contexte, appelle ce samedi les manifestants « à se préparer à prendre le contrôle » des centres-villes pour faire chuter le régime des mollahs.
Cette figure de l’opposition à l’ayatollah Khamenei a également sollicité l’aide de Donald Trump : « Monsieur le président, ceci est un appel urgent. Veuillez vous tenir prêt à intervenir pour aider le peuple iranien. »
هممیهنان عزیزم،
شما با شجاعت و ایستادگی خود، تحسین جهانیان را برانگیختهاید. حضور دگرباره و پرشکوهتان در خیابانهای سراسر ایران در شامگاه جمعه، پاسخی دندانشکن به تهدیدهای رهبر خائن و جنایتکار جمهوری اسلامی بود. یقین دارم که او این تصاویر را از مخفیگاهش دیده و از وحشت لرزیده… pic.twitter.com/MaQDiwkXRL
— Reza Pahlavi (@PahlaviReza) January 10, 2026
Une ONG affirme que 51 manifestants ont été tués depuis le 28 décembre
Vendredi, malgré le quasi‑blocage d’internet instauré depuis la veille, des rassemblements ont eu lieu à Tabriz, Mashhad et Kermanshah, où les manifestants se sont fait entendre au rythme des chants hostiles au régime et des klaxons.
Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 51 manifestants, dont neuf mineurs, ont été tués depuis le 28 décembre, et des centaines d’autres blessés. Ces manifestations ont commencé à cause de la hausse du coût de la vie, mais elles sont devenues les plus importantes depuis celles de 2022 après la mort de Mahsa Amini.
Internet coupé et répression violente
Pour contenir le mouvement, le régime a coupé Internet depuis plus de 36 heures, empêchant les Iraniens de vérifier la sécurité de leurs proches et de communiquer. Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix 2003, alertant depuis l’exil, parle d’un « massacre sous le couvert d’un black-out total » et rapporte que plusieurs centaines de personnes ont été hospitalisées pour des blessures graves aux yeux causées par des tirs de fusils à plomb.
La violence dans les rues est également forte : selon les autorités locales citées par l’Agence France-Presse (AFP), plus de 42 bus et véhicules publics ont été incendiés, 10 bâtiments officiels ont été endommagés, et plusieurs membres des forces de sécurité, ainsi qu’un procureur, ont été tués à Esfarayen.
Jeudi, Khamenei a qualifié les manifestants de « saboteurs » et de « vandales », accusant les États-Unis et Israël d’être derrière le mouvement.
Réactions de la communauté internationale
À l’international, plusieurs dirigeants et pays ont réagi. La France demande à Téhéran « la plus grande retenue » et veut des explications sur les décès. Emmanuel Macron, Keir Starmer (Royaume-Uni) et Friedrich Merz (Allemagne) ont condamné la violence et appelé les autorités iraniennes à respecter les droits des citoyens.
Donald Trump, de son côté, a déclaré que l’Iran faisait face à « de gros problèmes » et a menacé de « frapper très fort » si des manifestants étaient tués.
Les manifestations continuent dans au moins 25 provinces et une cinquantaine de villes. La situation reste fragile et la répression pourrait s’intensifier dans les prochains jours, le régime essayant de maintenir son contrôle après plusieurs décennies au pouvoir.

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