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Donald Trump va moderniser le bunker présidentiel le plus secret d’Amérique

Donald Trump va moderniser le bunker présidentiel le plus secret d’Amérique

Des travaux souterrains « top secret » sont entrepris sous l’aile Est de la Maison-Blanche. Objectif : rénover les installations vétustes du centre opérationnel d’urgence présidentiel, construit en 1941.

L’aile Est de la Maison-Blanche concentre vraiment toute l’attention de Donald Trump. Après avoir démarré la construction d’une nouvelle immense salle de bal, son administration entreprend désormais la construction secrète d’une installation souterraine, selon plusieurs médias américains, dont CNN. Plus qu’une construction, le projet, entouré de secrets, vise en réalité à mettre à jour et à moderniser des installations vétustes et démantelées, qui, depuis plus de 80 ans, ont servi à toutes sortes d’activités pour les présidents américains.

La création du lieu (aussi appelé centre opérationnel d’urgence présidentiel) a lieu en 1941. Le bureau de la défense civile (BDC), responsable des soins médicaux à la population civile en cas d’attaque militaire contre les États-Unis, estimait alors que la Maison-Blanche était trop dangereuse pour le président d’alors, Franklin D. Roosevelt, notamment en cas d’incendie, explique la White House Historical Association.

Le 7 décembre 1941, les forces aéronavales japonaises attaquent la base navale américaine de Pearl Harbor, ce qui confirme l’idée que le président du pays doit pouvoir se doter d’un abri proche, pour se protéger d’une attaque nucléaire, par exemple.

Opérationnel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7

Mais le bunker, décrit comme « semblable à un tombeau », reste un projet secret. À l’époque, aucune reconnaissance publique n’a été faite de la construction d’un abri anti-bombes. « L’abri antiatomique ne fut inspecté qu’une seule fois par Franklin Delano Roosevelt. Ni les murs de béton austères, ni la descente des escaliers de béton, ni la petite pièce centrale, semblable à un tombeau et réservée au président, ne l’incitèrent à y retourner », est-il encore expliqué. Avec le temps, les présidents s’y sont de moins en moins rendus.

En 2020, Donald Trump a assuré s’être rendu sur place simplement pour une inspection. Une source connaissant bien les lieux a décrit le complexe souterrain à CNN comme « un sous-marin très complexe construit dans les années 1940 – une unité autonome, [avec] des systèmes d’alimentation électrique séparés, des systèmes de réserve d’eau séparés et une filtration d’air séparée ». Elle ajoute : « Mais toute l’infrastructure date des années 1940. »

Ce bunker dispose de plusieurs téléviseurs, téléphones et d’un système de communication permettant la coordination avec d’autres entités gouvernementales en cas d’urgence. Il comporte également une salle de briefing et est opérationnel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. « Le PEOC (President’s Emergency Operations Center, NDLR) est utilisé en cas d’urgence. Ce n’est pas un lieu où tout le monde se rend », a déclaré Jonathan Wackrow, ancien agent des services secrets américains et collaborateur de CNN.

« Les communications ici sont catastrophiques », selon Dick Cheney

Richard Nixon en a usé pour visionner un film parodique que son administration jugeait pornographique et dont elle voulait la censure. Lors des attentats du 11 septembre 2001, le Secret Service y évacua le vice-président Dick Cheney, son épouse, mais aussi la conseillère nationale de sécurité Condoleezza Rice et d’autres conseillers de la Maison-Blanche (George W. Bush se trouvait alors en Floride).

C’est dans la salle de conférences de l’abri que, le 11 septembre, Dick Cheney a autorisé l’intervention des avions de chasse contre le vol United 93 si nécessaire. « Les communications ici sont catastrophiques », s’est-il alors plaint, d’après les mémoires de Richard Clarke, responsable de la lutte antiterroriste. C’est aussi dans ce bunker que Joe Biden a planifié son voyage clandestin en Ukraine, en février 2023.

La fiction aussi s’est emparée dans ce lieu secret, de manière romancée et exagérée (24 heures Chrono) ou en mélangeant avec le Pentagone (Docteur Folamour, de Stanley Kubrick). Récemment, il est apparu dans A House of Dynamite, de Kathryn Bigelow, ou dans Olympus Has Fallen, en 2013. Ce bunker ne doit cependant pas être confondu avec la salle de crise de la Maison-Blanche, située elle dans l’aile Ouest, et qui par exemple servi à Barack Obama pour suivre en direct l’opération visant à tuer Oussama Ben Laden, en mai 2011. Cependant, les deux organismes travaillent de concert.

Des tentatives pour stopper les travaux

Lors d’une récente réunion de la Commission nationale de planification de la capitale où la salle de bal a été discutée, le directeur de la gestion et de l’administration de la Maison Blanche, Joshua Fisher, a déclaré que le projet global de salle de bal « (améliorera) la fonctionnalité essentielle à la mission », « apportera les améliorations de sécurité nécessaires » et « (fournira) une infrastructure résiliente et adaptable alignée sur les besoins futurs de la mission ».

Il a indiqué que la raison pour laquelle le projet avait été lancé sans l’aval de la commission était le travail « top secret » qui se déroulait sous terre. « Certains aspects de ce projet sont, pour être franc, de nature top secret et nous y travaillons actuellement. Cela ne nous empêche pas de modifier la structure de surface, mais ce travail devait être considéré dans le cadre de ce projet. »

Dans un document déposé auprès du tribunal dans le cadre d’une action en justice visant à stopper les travaux de construction de l’aile Est, la Maison Blanche a défendu le processus, affirmant que l’arrêt des travaux souterrains « mettrait en danger la sécurité nationale et porterait donc atteinte à l’intérêt public ». Elle a précisé que les motifs de cette position étaient exposés dans une « déclaration classifiée ».