Alex Pretti, infirmier de 37 ans, a été tué samedi par des agents fédéraux à Minneapolis. Les images permettent de reconstituer précisément le déroulement des tirs, qui ont duré à peine cinq secondes.
Samedi 24 janvier 2026, vers 9 heures du matin, à Minneapolis, Alex Jeffrey Pretti, un infirmier de 37 ans travaillant en soins intensifs au Veterans Affairs Hospital, a été tué par balles par des agents fédéraux de la Border Patrol, dépendant comme l’ICE du Département de la Sécurité intérieure (DHS).
Des vidéos de témoins vérifiées par le New York Times montrent que les tirs ont été déclenchés alors qu’il était déjà plaqué au sol et retenu par plusieurs agents, en l’espace de cinq secondes seulement.
De son côté, le DHS affirme qu’Alex Pretti représentait une menace armée imminente, mais les images contredisent cette version en montrant qu’il tenait son téléphone, pas une arme pointée.
Le drame se déroule dans une rue enneigée du sud de la ville, près de l’intersection de la 26e Rue et de l’avenue Nicollet, au lendemain d’une grande manifestation contre les opérations anti-immigration de l’administration Trump.
Les agents interviennent dans le cadre d’une arrestation liée à un suspect équatorien. Un petit groupe discute avec eux autour d’une personne déjà maintenue au sol. Alex Pretti arrive sur les lieux, téléphone à la main, et commence à filmer la scène tout en aidant à gérer la circulation. C’est à ce moment-là que tout bascule.
L’enchaînement des événements seconde par seconde
Quarante-huit secondes avant les premiers tirs, rien ne laisse présager d’escalade violente : Alex Pretti s’approche calmement, téléphone levé. Un agent repousse deux civils vers la chaussée ; Pretti se place entre eux pour les protéger alors que l’un tombe au sol.
Vingt-cinq secondes plus tard, le même agent vaporise du gaz poivré vers le visage de Pretti, qui protège ses yeux d’une main tout en gardant le téléphone dans l’autre. Aucune arme n’est visible à ce moment.
À dix-sept secondes des coups de feu, plusieurs agents attrapent l’infirmier et le forcent à se mettre à genoux. D’autres arrivent rapidement ; au total, sept agents le maintiennent au sol sur le bitume.
Onze secondes avant, un agent en manteau gris s’approche mains vides, puis récupère près de la hanche droite de Pretti ce que le DHS qualifie de pistolet semi-automatique personnel avec chargeurs. Simultanément, un autre agent dégaine son arme de service et la pointe vers le dos de Pretti, toujours maintenu.
Une seconde avant le premier tir, l’agent en gris s’éloigne avec l’arme récupérée. L’agent positionné juste au-dessus déclenche un coup à bout portant, suivi de trois autres en rafale. Pretti s’effondre.
L’agent au gaz poivré sort alors son arme ; les deux tirent ensemble six balles supplémentaires alors qu’il est immobile au sol. Au dixième tir, l’agent avec l’arme récupérée a traversé la rue. L’ensemble des tirs dure cinq secondes, souligne le New York Times.
Réactions et versions divergentes
Brian O’Hara, chef de la police de Minneapolis, précise qu’Alex Jeffrey Pretti était citoyen américain, sans casier judiciaire, et disposait d’un permis valide pour porter une arme de manière visible, conformément à la législation du Minnesota. Pour l’heure, aucune vidéo, ni aucun témoin ne montrent qu’il a brandi ou pointé son arme vers les agents.
Le gouverneur Tim Walz a pris la parole le 24 janvier, accusant les autorités fédérales d’avoir « fabriqué un récit en quinze minutes » sans attendre les résultats de l’enquête. Il déploie la Garde nationale du Minnesota, équipée de gilets réfléchissants pour éviter toute confusion avec les agents fédéraux, tandis que des manifestants se rassemblent sur place toute la journée.
Donald Trump, sur Truth Social, rejette la responsabilité sur les élus démocrates locaux : « Le maire et le gouverneur attisent l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse et arrogante. Laissez ICE faire son travail. »
Le DHS, de son côté, maintient que Pretti a approché les agents armés, a résisté violemment et représentait une intention de « massacrer » les forces de l’ordre. Une version qui tient difficilement la route au vu des récentes vidéos.

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