Il est pressenti pour remplacer Jerome Powell en tant que patron de la Réserve fédérale. S’il était nommé, Kevin Warsh, 55 ans, aurait pour rôle de plier la Fed aux velléités trumpiennes.
Il est prétendument « connu de tous dans le monde financier ». C’est, du moins, comme cela que Donald Trump vante celui qu’il doit nommer à la tête de la Fed pour remplacer son actuel patron – et cible du président des États-Unis – Jerome Powell, quand son mandat aura pris fin en mai.
« Beaucoup pensent que cette personne aurait pu occuper ce poste il y a quelques années », insiste le président des États-Unis au sujet de Kevin Warsh, qu’il souhaite voir à la tête de la Réserve fédérale, ce qu’il est censé annoncer officiellement ce vendredi.
Il faut dire qu’il avait failli prendre le poste il y a des années, lors du premier mandat du républicain. Mais ce dernier lui avait préféré, à l’époque, Jerome Powell. Un choix qu’il regrette amèrement aujourd’hui : l’actuel patron de la Réserve fédérale, républicain modéré, refuse inlassablement de baisser les taux directeurs, malgré les pressions de Donald Trump.
Un homme prêt à suivre Trump
Le président a d’ailleurs de nouveau critiqué la banque centrale américaine sur sa décision prise la veille de maintenir les taux inchangés, sur ses réseaux sociaux : « Nous devrions avoir un taux nettement inférieur maintenant que même cet imbécile admet que l’inflation n’est plus un problème ni une menace. Il coûte à l’Amérique des centaines de milliards de dollars par an en frais d’intérêts totalement inutiles et injustifiés. »
À l’inverse, Kevin Warsh est favorable à des taux proches de 1 %, et s’aligne sur les volontés présidentielles. Il a d’ailleurs rencontré Donald Trump à la Maison-Blanche jeudi 29 janvier.
Le dirigeant des États-Unis parviendra-t-il, grâce à lui, à briser l’indépendance monétaire de son pays, et à faire sauter l’un des derniers verrous qui lui résiste encore ?
Fin stratège
En plus de baisser les taux directeurs fixés autour de 1 % (voire en dessous), le locataire de la Maison-Blanche souhaite donner la priorité au financement de la dette publique plutôt qu’à la lutte contre l’inflation, mais aussi imposer des concertations régulières avec la Maison-Blanche sur la politique monétaire.
Une approche résolument interventionniste, que Kevin Warsh, âgé de 55 ans, connu pour être un fin stratège, semble prêt à adopter.
Le monde de la politique n’est pas étranger à cet ex-banquier de Morgan Stanley à New York à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Après avoir gravi les échelons au sein de la banque américaine, il a en effet été conseiller spécial du président George W. Bush pour la politique économique entre 2002 et 2006.
La Fed, il connaît
En 2008, pendant la crise financière, il est le principal interlocuteur de la banque centrale auprès de Wall Street et représente la Réserve fédérale auprès du G20, symbolisant la passerelle entre Washington et Wall Street. Ce rôle incontournable lui permet de participer aux tractations qui ont permis de sauver Goldman Sachs et Morgan Stanley.
Il connaît également déjà la Fed, dont il a été gouverneur entre 2006 et 2011. Aujourd’hui, il entretient toujours des liens avec Wall Street, et travaille avec l’investisseur milliardaire Stanley Druckenmiller, un proche de Scott Bessent, le secrétaire au Trésor de Donald Trump, aux manettes derrière le processus de sélection du prochain patron de la Réserve fédérale.

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