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Comment Tulsi Gabbard nourrit la théorie de Donald Trump sur l’élection volée de 2020

Comment Tulsi Gabbard nourrit la théorie de Donald Trump sur l’élection volée de 2020

La présence de la directrice du renseignement national lors d’une perquisition du FBI dans un centre électoral en Géorgie a suscité la stupeur et une vive réaction dans le camp démocrate.

Dans l’administration de Donald Trump, elle est sans nul doute parmi celles qui œuvrent avec le plus de zèle. Tulsi Gabbard, la directrice du renseignement national, a, selon le Wall Street Journal, passé plusieurs mois à enquêter sur l’une des obsessions du président américain : la présidentielle de 2020, que Donald Trump a perdue mais dont il affirme qu’elle lui a été volée. « Le président Trump et toute son équipe sont déterminés à faire en sorte qu’une élection américaine ne soit plus jamais truquée. Tulsi Gabbard joue un rôle de premier plan dans cet effort crucial », a déclaré Karoline Leavitt, attachée de presse de Trump.

Mercredi 28 janvier, une de ses actions a cependant choqué : elle était présente lors d’une perquisition du FBI dans un centre électoral en Géorgie. Selon un responsable américain ayant eu connaissance du mandat, celui-ci autorisait les agents à rechercher les bulletins de vote physiques, les listes électorales de cette année-là, les images des bulletins obtenues par numérisation et les bandes des machines à voter du comté.

Le sénateur Mark Warner et le représentant Jim Himes, tous deux démocrates, lui ont adressé une lettre, exprimant leur profonde inquiétude et affirmant que la communauté du renseignement américaine « devrait se concentrer sur les menaces étrangères ». Il est en effet très inhabituel que la responsable du renseignement américain participe à une opération de police intérieure, son bureau étant normalement limité à l’espionnage à l’étranger et à la protection de la sécurité nationale des États-Unis.

« Lorsque ces pouvoirs sont tournés vers l’intérieur, les conséquences peuvent être dévastatrices » pour la vie privée et les libertés civiles, ont écrit les deux élus. Ces derniers mois, Tulsi Gabbard a également commencé à étudier les informations sur les machines à voter Dominion. Ces dernières sont au cœur des polémiques lancées par la mouvance Qanon, récupérées par Donald Trump, qui allèguent que les machines à voter de l’entreprise ont supprimé volontairement des millions de votes en faveur du républicain, lors de son opposition à Joe Biden lors de l’élection suprême.

« Il y a des choses plus importantes à examiner »

Gabbard a consulté, selon des responsables, d’autres membres de la communauté du renseignement au sujet des allégations d’ingérence étrangère dans l’élection de 2020. Elle s’est également penchée sur les données des États indécis, de manière à corroborer les accusations du dirigeant des États-Unis, qu’elle tient régulièrement informé des avancées de son enquête. Elle devrait rédiger un rapport sur son travail. Pour Donald Trump, ces accusations de fraude ont tourné à l’obsession.

Mais avec son second mandat, ce qui était resté à l’état d’évocation a désormais une existence concrète, et les moyens de l’État sont directement alloués pour tenter de prouver que l’élection a bien été truquée. Mais des spécialistes de la cybersécurité, des experts électoraux et de nombreux anciens hauts responsables de la sécurité ayant travaillé pour Trump durant son premier mandat ont affirmé pendant des années qu’il n’y avait aucune preuve de manipulation ou de fraude.

« Cette élection remonte à six ans », a déclaré Ken Block, consultant ayant étudié les allégations de fraude pour la campagne de Trump en 2020. Il a ajouté n’avoir jamais pu étayer la moindre allégation susceptible d’invalider les résultats. « C’est irréversible. J’imagine qu’il y a des choses plus importantes à examiner. »

Les démocrates, eux, se sont montrés particulièrement. « Soit la directrice Gabbard croit à l’existence d’un lien légitime avec des services de renseignement étrangers – auquel cas elle viole clairement son obligation légale de tenir les commissions du renseignement pleinement et régulièrement informées des questions de sécurité nationale pertinentes –, soit elle démontre une fois de plus son inaptitude totale à exercer cette fonction », a déclaré Mark Warner, principal démocrate de la commission du renseignement.