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Du Canada à l’Inde, trois facettes du libre-échange européen

Du Canada à l’Inde, trois facettes du libre-échange européen

Face aux tarifs douaniers dégainés par Donald Trump, l’Union européenne accélère sa diversification commerciale. CETA, Mercosur, Inde : trois accords comparés.

Antonio Costa, le président du Conseil européen (à g.), Narendra Modi, le Premier ministre indien (au centre) et Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, à l’issue des négociations du plus grand accord jamais signé par l’UE, à New Delhi, le 27 janvier 2026. © Manish Swarup/AP/SIPA

Trois accords, trois stratégies. Face au Canada, allié commode, Bruxelles a pu imposer ses standards : ouverture des marchés publics jusqu’au niveau municipal, clause de non-régression environnementale, protection de 173 indications géographiques. Huit ans après son entrée en vigueur, le CETA dépasse les prévisions avec une hausse de 51 % des échanges contre 25 % espérés.

Avec le Mercosur, en attente de ratification, l’UE innove en faisant de l’accord de Paris une « clause essentielle » permettant la suspension de l’accord, tout en calibrant les quotas agricoles au minimum (99 000 tonnes de bœuf importées par l’UE, soit 1,6 % de la consommation européenne) et en déployant un filet de sécurité de 6,3 milliards d’euros pour contenir la révolte paysanne.

Face à l’Inde, avec laquelle la négociation s’est achevée le 27 janvier, l’UE concède davantage : dilution de la clause climat sans sanction, absence d’accès aux marchés publics, délai de quatorze ans avant d’atteindre 10 % de droits sur les voitures électriques et – une première ! – importation de 650 000 véhicules indiens en Europe. L’Inde, pays très protectionniste, a su monnayer l’accès à son immense marché.