Face aux tarifs douaniers dégainés par Donald Trump, l’Union européenne accélère sa diversification commerciale. CETA, Mercosur, Inde : trois accords comparés.
Trois accords, trois stratégies. Face au Canada, allié commode, Bruxelles a pu imposer ses standards : ouverture des marchés publics jusqu’au niveau municipal, clause de non-régression environnementale, protection de 173 indications géographiques. Huit ans après son entrée en vigueur, le CETA dépasse les prévisions avec une hausse de 51 % des échanges contre 25 % espérés.
Avec le Mercosur, en attente de ratification, l’UE innove en faisant de l’accord de Paris une « clause essentielle » permettant la suspension de l’accord, tout en calibrant les quotas agricoles au minimum (99 000 tonnes de bœuf importées par l’UE, soit 1,6 % de la consommation européenne) et en déployant un filet de sécurité de 6,3 milliards d’euros pour contenir la révolte paysanne.
Face à l’Inde, avec laquelle la négociation s’est achevée le 27 janvier, l’UE concède davantage : dilution de la clause climat sans sanction, absence d’accès aux marchés publics, délai de quatorze ans avant d’atteindre 10 % de droits sur les voitures électriques et – une première ! – importation de 650 000 véhicules indiens en Europe. L’Inde, pays très protectionniste, a su monnayer l’accès à son immense marché.

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