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« Oh, c’est vraiment mauvais » : ce que révèlent les documents judiciaires sur le dernier appel de Jeffrey Epstein lors de son arrestation

« Oh, c’est vraiment mauvais » : ce que révèlent les documents judiciaires sur le dernier appel de Jeffrey Epstein lors de son arrestation

La nuit de son arrestation, Jeffrey Epstein a passé trois appels, dont l’un à Kathryn Ruemmler, aujourd’hui juriste chez Goldman Sachs. De nouveaux documents du ministère de la Justice dévoilés par le Wall Street Journal relancent les questions sur leurs liens.

La liste des relations proches de Jeffrey Epstein s’allonge. Depuis la mise en ligne de nouveaux documents par le ministère de la Justice américain, le vendredi 30 janvier, de nouvelles révélations éclaboussent plusieurs personnalités. Selon le Wall Street Journal, Kathryn Ruemmler, ex-conseillère juridique de la Maison-Blanche sous le mandat de Barack Obama, aujourd’hui juriste chez Goldman Sachs et, à l’époque, avocate pénaliste, figure parmi les personnes contactées par le trafiquant sexuel lors de son arrestation par le FBI, le 6 juillet 2019.

Des notes manuscrites des forces de l’ordre indiquent que Jeffrey Epstein aurait passé trois appels ce soir-là : à ses deux avocats et à Kathryn Ruemmler. L’un d’eux, adressé à cette dernière, aurait été composé à 19 h 15. Les documents consignent également plusieurs propos tenus par Epstein dans le véhicule du FBI puis en détention. « Oh, c’est mauvais. C’est vraiment mauvais », aurait-il déclaré, avant d’évoquer les accusations de trafic sexuel et l’âge des victimes. « Tout cela remonte à 2002 », aurait-il ajouté.

Les cadeaux de l’« Oncle Jeffrey »

Les documents montrent que les deux personnes étaient très proches. « Vous me connaissez bien », a-t-elle écrit à Jeffrey Epstein en mars 2019. Le pédocriminel lui a offert de nombreux cadeaux pendant plusieurs années, sacs de luxe, bracelet Hermès, cartes-cadeaux d’une valeur de 10 000 $. « Oncle Jeffrey m’a complètement gâtée aujourd’hui ! Des bottes, un sac à main et une montre ! », lui a-t-elle écrit.

Dans un courriel, l’avocate écrit au milliardaire : « Au fait, je ne possède pas de Louboutin ». L’homme d’affaires lui répond : « Je peux rectifier cela ». Un virement bancaire de plus de 53 750 $ vers une compagnie de jets privés lui a également été adressé, ce qu’elle dit ne pas avoir accepté. Car sa porte-parole, Jennifer Connelly, chargée de communication, l’affirme : « Mme Ruemmler n’a rien demandé et ne voulait rien ».

Échange sur les stratégies judiciaires

Ils se seraient rencontrés après son poste à la Maison-Blanche en 2014 et lorsqu’elle s’occupait de la banque Edmond de Rothschild, par le biais de Reid Weingarten, amant de Kathryn Ruemmler et avocat de Jeffrey Epstein lors de son procès. Selon le Wall Street Journal, le financier aurait échangé au sujet de ses problèmes juridiques et de la manière de gérer sa couverture médiatique avec la juriste.

En février 2019, Jeffrey Epstein a adressé un courriel à Kathryn Ruemmler et à l’avocat Brad Karp détaillant sa stratégie judiciaire, avec l’espoir que son accord de plaider-coupable soit maintenu. Il y indique que ses avocats espèrent obtenir une lettre du ministère de la Justice « déclarant qu’ils tiendront leurs promesses… mais que nous devions être prêts à intervenir », révèle le quotidien économique.

Un mois plus tard, Kathryn Ruemmler a encouragé Epstein et ses avocats à envoyer une lettre au comité éditorial du New York Times. Le violeur en série voulait que ses avocats nient les faits d’organisation de soirées sexuelles en affirmant que les filles avaient menti sur leurs âges. « Je recommande vivement de ne pas laisser la perfection être l’ennemie du bien et de soumettre ce dossier au plus vite », a-t-elle écrit.

Relation exclusivement professionnelle

De son côté, elle affirme n’avoir jamais représenté Jeffrey Epstein, déclarant que leur relation était exclusivement professionnelle et centrée sur certains de ses autres clients. Le milliardaire « la contactait aussi de temps à autre, à titre informel, pour lui demander conseil, comme il l’avait fait avec de nombreux autres avocats de renom à travers le pays », précise le communiqué.

Sa porte-parole a également affirmé qu’elle « entretenait des relations amicales avec lui à cette époque. Elle n’avait aucune connaissance d’activités criminelles en cours de sa part ». Sa banque, dont elle est la conseillère clé du directeur général David Solomon, continue de la soutenir.