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Le chant du cygne de l’« axe de la résistance » iranien

Le chant du cygne de l’« axe de la résistance » iranien

Du Liban au Yémen, la République islamique a tissé pendant quarante ans un réseau d’organisations islamistes terroristes contre Israël. Avant de subir les contrecoups du 7 octobre.

La mort de l’ayatollah Khamenei a réveillé un acteur que l’on croyait enterré depuis plus d’un an. En représailles à l’élimination par Israël et les États-Unis du guide suprême iranien le 28 février dans sa résidence à Téhéran, le Hezbollah s’est manifesté en tirant plusieurs salves de missiles et de drones contre l’État hébreu. Une première depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en novembre 2024, qui a entraîné la création par l’armée israélienne d’une « zone tampon » à l’intérieur du Liban.

Ces attaques, qui n’auraient pas eu lieu sans le feu vert de Téhéran, constituent le chant du cygne de l’« axe de la Résistance », le réseau de milices pro-iraniennes – Hamas, Hezbollah, houthistes, milices chiites – savamment mis en place par la République islamique au cours des quarante-sept dernières années contre les États-Unis et Israël au Moyen-Orient.

« La philosophie était d’attiser les tensions dans la région afin de maintenir l’ennemi occupé à combattre les organisations révolutionnaires loin des frontières de l’Iran, plutôt que d’attaquer le territoire iranien », explique Ali Alfoneh, chercheur à l’Arab Gulf States Institute à Washington.

Passés maîtres dans l’art de la guerre asymétrique, ces mouvements islamistes de guérilla ont perpétré de nombreux attentats contre des citoyens israéliens, mais aussi des Occidentaux. C’est le Hezbollah qui est par exemple derrière l’attentat du Drakkar le 23 octobre 1983 à Beyrouth, lorsqu’un camion piégé a foncé sur un bâtiment abritant des militaires de la Force multinationale de sécurité au Liban, faisant 58 morts parmi le contingent français.

C’est encore le mouvement islamiste chiite libanais qui a perpétré, pour le compte de Téhéran, l’attentat antisémite contre l’Association mutuelle israélite argentine à Buenos Aires le 18 juillet 1994, faisant 85 morts et plus de 300 blessés. « Le recours à ces formations permettait à l’Iran d’agir […] tout en lui évitant une confrontation directe », pointe l’historien militaire Pierre Razoux, directeur académique à la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques.

Le glas du 7 Octobre

À la veille des massacres du 7 octobre en Israël, « l’arc chiite » pro-iranien est à son apogée. En privé, des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, se vantent de contrôler pas moins de quatre capitales arabes – Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa – par le biais de ses mandataires dans la région, les encourageant à passer à l’action contre Israël.

« D’après nos renseignements, il n’y a pas eu d’instructions de la part des Iraniens au Hamas pour commettre les attentats du 7 Octobre », pointe néanmoins le général Tamir Hayman, ancien chef des renseignements de l’armée israélienne. « Mais indirectement, en fournissant des moyens de combat au Hamas, les gardiens de la révolution lui ont donné la confiance nécessaire pour agir. »

La riposte militaire israélienne à Gaza, au Liban et au Yémen, a eu pour effet de briser l’« axe de la résistance ». Et a sonné le début de son inexorable reflux. Plus de deux ans après les pires attentats de l’histoire d’Israël, le Hamas palestinien est aujourd’hui aux abois, le Hezbollah libanais est au tapis, le Syrien Bachar el-Assad a été renversé. Quant aux houthistes yéménites, ils restent marginalisés.

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