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Pauvreté multidimensionnelle : la Tunisie deuxième en Afrique

- Afrique, Tunisie
16 octobre 2026
pauvreté multidimensionnelle en Tunisie

La Tunisie occupe la deuxième place en Afrique parmi les pays les moins touchés par la pauvreté multidimensionnelle, derrière les Seychelles, selon les données du rapport mondial 2026 consacré à cet indicateur. Le taux attribué à la Tunisie s’établit à 1 % de la population, contre 0,9 % aux Seychelles. Ces chiffres placent également le pays en tête de l’Afrique du Nord dans ce classement.

Publié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec l’Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI) de l’Université d’Oxford, le rapport examine différentes formes de privation qui affectent les conditions de vie des populations. Il ne se limite pas aux revenus, mais prend également en compte la santé, l’éducation et le niveau de vie.

Le classement de la Tunisie intervient dans un contexte mondial marqué par une augmentation du nombre de personnes confrontées à plusieurs privations simultanées. Le rapport 2026 fait état de 1,2 milliard de personnes vivant dans une situation de pauvreté multidimensionnelle aiguë parmi les 6,3 milliards d’habitants couverts par l’étude dans 108 pays en développement.

Le classement africain : la Tunisie devant les autres pays d’Afrique du Nord

Avec un taux de pauvreté multidimensionnelle de 1 %, la Tunisie figure au deuxième rang continental, juste après les Seychelles. L’écart entre les deux pays est limité à 0,1 point de pourcentage. Ce classement repose sur les résultats présentés dans le rapport mondial et doit être interprété selon les critères spécifiques retenus pour mesurer la pauvreté multidimensionnelle.

Les autres pays africains cités dans ce classement présentent les taux suivants :

  • Seychelles : 0,9 %, à la première place.
  • Tunisie : 1 %, à la deuxième place.
  • Algérie : 1,4 %, à la troisième place.
  • Égypte : 1,5 %, à la quatrième place.
  • Libye : 2 %, à la cinquième place.
  • Afrique du Sud : 6,3 %, à la sixième place.
  • Maroc : 6,4 %, à la septième place.
  • Eswatini : 7,9 %, à la huitième place.
  • Gabon : 8,6 %, à la neuvième place.
  • São Tomé-et-Príncipe : 11,7 %, à la dixième place.

Ces résultats font apparaître des écarts entre les pays africains étudiés. En Afrique du Nord, la Tunisie devance l’Algérie, l’Égypte, la Libye et le Maroc selon les pourcentages présentés. Le taux tunisien est inférieur à ceux de ces quatre pays, avec des différences qui varient de 0,4 point pour l’Algérie à 5,4 points pour le Maroc.

Toutefois, ces données ne doivent pas être assimilées à un classement général de la pauvreté monétaire. Un pays peut présenter un taux relativement faible de pauvreté multidimensionnelle tout en rencontrant d’autres difficultés économiques et sociales. Les résultats doivent donc être lus à la lumière de la définition de l’indicateur, des données disponibles et de la période de référence des enquêtes.

Le classement ne signifie pas non plus que l’ensemble de la population tunisienne bénéficie des mêmes conditions de vie. Un taux national agrégé ne décrit pas, à lui seul, les différences éventuelles entre les ménages, les régions, les catégories d’âge ou les milieux de résidence. Il donne une mesure globale de la population répondant aux critères de pauvreté retenus par l’étude.

Pour la Tunisie, le chiffre de 1 % constitue ainsi un indicateur statistique précis dans le cadre de cette comparaison internationale. Il ne remplace pas les autres mesures de la pauvreté et ne suffit pas à établir, à lui seul, un diagnostic complet de la situation économique et sociale du pays.

Un indice fondé sur la santé, l’éducation et les conditions de vie

La pauvreté multidimensionnelle en Tunisie est évaluée dans le cadre d’un indicateur international conçu pour mesurer plusieurs formes de privation. Le principe consiste à identifier les personnes qui subissent simultanément différentes difficultés dans leur vie quotidienne, au-delà du seul montant de leurs revenus.

L’Indice mondial de pauvreté multidimensionnelle repose sur trois dimensions principales : la santé, l’éducation et le niveau de vie. Ces dimensions permettent d’examiner plusieurs aspects du bien-être des ménages et de mieux distinguer les difficultés rencontrées par les populations.

La santé et l’éducation constituent deux composantes essentielles de l’indice. L’évaluation du niveau de vie complète cette approche en intégrant des conditions matérielles indispensables à la vie quotidienne. La méthodologie mondiale utilise plusieurs indicateurs regroupés dans ces trois dimensions afin de déterminer si les privations subies atteignent le seuil défini pour considérer une personne comme multidimensionnellement pauvre.

Cette méthode permet de différencier la pauvreté multidimensionnelle de la pauvreté mesurée uniquement à partir des ressources financières. Le revenu demeure un élément important pour comprendre la situation d’un ménage, mais il ne permet pas nécessairement de savoir si ses membres rencontrent également des difficultés d’accès à l’éducation, à la santé ou à des conditions de vie adéquates.

Le rapport mondial 2026 souligne l’ampleur du phénomène à l’échelle internationale. Sur les 6,3 milliards de personnes vivant dans les 108 pays en développement couverts, environ 1,2 milliard sont considérées comme vivant dans une pauvreté multidimensionnelle aiguë, soit 18,9 % de la population étudiée.

Les enfants représentent 51,5 % des personnes concernées à l’échelle mondiale, soit environ 617 millions d’enfants. Le rapport indique également que plus de huit personnes sur dix confrontées à une pauvreté aiguë vivent en milieu rural. Ces résultats concernent l’ensemble de la population étudiée et ne doivent pas être interprétés comme des proportions propres à la Tunisie.

L’Afrique subsaharienne est la région du monde la plus touchée par la pauvreté multidimensionnelle, avec 616 millions de personnes concernées. Cette situation contribue à mettre en évidence les disparités régionales dans l’accès aux ressources et aux services essentiels.

Le rapport relève néanmoins que 33 pays ont réussi à réduire de moitié la valeur de leur indice de pauvreté multidimensionnelle en moins de quinze ans. Cette évolution montre que les indicateurs peuvent progresser au fil du temps, même si les résultats varient selon les pays, les périodes observées et les privations prises en compte.

Pour interpréter correctement la position de la Tunisie, il est donc nécessaire de distinguer le taux national, le classement continental et les données mondiales. Ces trois niveaux apportent des informations complémentaires, mais ne répondent pas exactement aux mêmes questions. Le taux de 1 % décrit la part de la population tunisienne classée comme multidimensionnellement pauvre selon les critères de l’indice, tandis que le classement situe le pays par rapport aux autres États africains retenus dans la comparaison.