Benyamin Netanyahou abat sa dernière carte. Ce dimanche 30 novembre, le Premier ministre israélien a déposé une demande officielle de grâce auprès du président Isaac Herzog, a annoncé le bureau de ce dernier. Le chef de l’État a assuré être « conscient » qu’il s’agisse d’une « demande extraordinaire qui a des implications importantes ». « Après avoir reçu tous les avis pertinents, le président examinera cette demande de manière responsable et sincère », a-t-il également déclaré.
Dans une première déclaration, Benyamin Netanyahou a indiqué que la fin immédiate de son procès pour corruption favoriserait la réconciliation nationale, dont le pays a besoin. Il a également expliqué que les poursuites pénales entravaient sa capacité à gouverner et qu’une grâce servirait les intérêts de la société israélienne. « J’espère que tous ceux qui souhaitent le bien du pays soutiendront cette démarche », a-t-il déclaré dans une brève déclaration vidéo diffusée par son parti politique, le Likoud.
Dans une lettre adressée au bureau du président, ses avocats ont déclaré que le Premier ministre continuait de croire que la procédure judiciaire aboutirait à un acquittement complet.
Un procès commencé en 2020
Benyamin Netanyahou a été inculpé en 2019 en Israël pour corruption, fraude et abus de confiance. Le procès a commencé en 2020 et concerne trois affaires pénales. Dans la première affaire, il est accusé, avec son épouse Sara, d’avoir accepté des produits de luxe (cigares, bijoux, champagne) d’une valeur de plus de 260 000 dollars provenant de milliardaires, en échange de faveurs politiques.
Dans les deux autres affaires, le Premier ministre israélien est accusé d’avoir tenté de négocier avec deux médias israéliens pour obtenir une couverture plus favorable. C’est la première fois qu’un chef de gouvernement israélien en exercice comparaît à la barre des témoins dans un procès pénal. Benyamin Netanyahou a plaidé non coupable et nie tout acte répréhensible au cours du procès.
Sur la scène internationale, le chef du gouvernement israélien fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité commis au moins à partir du 8 octobre 2023 jusqu’au 20 mai 2024 au moins ». La CPI a également indiqué déplorer le manque d’aide humanitaire à Gaza, ne répondant pas aux obligations du droit international. Depuis octobre 2023, Israël a tué au moins 70 000 personnes, selon le ministère de la Santé de l’enclave. Au total, 301 personnes sont mortes depuis jeudi dernier.

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