L‘Ukraine va-t-elle devoir renoncer à certains de ses territoires pour faire avancer les négociations en vue d’une paix durable ? La Maison-Blanche a, d’après le chancelier allemand Friedrich Merz, envoyé une proposition pour « savoir quelles concessions territoriales l’Ukraine (était) prête à faire », et aurait reçu, en réponse, une contre-proposition.
En effet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué qu’un plan actualisé en vingt points avait été présenté aux États-Unis, après avoir été soumis à la « coalition des volontaires ». Celui-ci comprend aussi un document sur les garanties de sécurité, un accord sur la reconstruction de l’Ukraine après la guerre. Cependant, d’éventuelles concessions territoriales devraient être soumises à un référendum, a-t-il également souligné. D’après Reuters, il a également indiqué que les États-Unis avaient évoqué l’idée de créer une « zone économique libre » dans certaines parties de l’est de l’Ukraine où les troupes de Kiev se retireraient.
Le chancelier allemand, qui donnait une conférence de presse à Berlin aux côtés du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, n’a cependant donné aucune précision des concessions en question : c’est « au président ukrainien et au peuple ukrainien » de répondre à cette question, a-t-il indiqué après leur entrevue. C’est la première fois qu’une référence aussi explicite à une telle mesure est faite par un allié européen de Kiev.
Une proposition américaine jugée trop favorable à Moscou
Pour certains, le périmètre concerné pourrait concerner les parties du Donbass occupées de facto par les troupes russes. Pour d’autres, il pourrait s’agir de la Crimée, annexée depuis 2014, ou des régions de Kherson et de Zaporijia.
Le tout survient en réponse à la proposition des États-Unis, jugée trop favorable à Moscou puisqu’elle prévoyait notamment de céder à la Russie des territoires ukrainiens qu’elle n’a pas conquis. De son côté, la Russie a suggéré que le seul abandon de l’ouest du Donbass peut conduire à un arrêt des combats – si celui-ci s’accompagne d’un changement de régime à Kiev, mais aussi d’un traité interdisant à l’Ukraine de rejoindre l’Otan et d’une limitation de ses forces armées, ont précisé nos confrères des Échos.

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