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« ICE Barbie » : qui est Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis ?

« ICE Barbie » : qui est Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis ?

Figure de la ligne la plus dure du camp Maga et de l’administration Trump, Kristi Noem assume et justifie sans relâche les dérives d’une politique migratoire de plus en plus brutale.

Elle est une nouvelle fois sous le feu des critiques. La secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, a affirmé samedi que l’infirmier Alex Pretti, abattu par des agents de l’ICE à Minneapolis, avait « attaqué » des agents fédéraux en « brandissant » une arme. Une théorie contredite par toutes les vidéos disponibles montrant l’interpellation qui a dégénéré. Les démocrates ont, depuis, appelé à la destitution de la républicaine de 54 ans.

L’ex-gouverneure du Dakota du Sud n’en est pas à sa première polémique – loin de là. Surnommée « ICE Barbie » par ses détracteurs (et certains Républicains) en raison de son rôle au sein du gouvernement fédéral, Kristi Noem est devenu le visage de la politique anti-immigration de l’administration Trump.

Depuis un an, elle multiplie les opérations communication pour défendre l’action du président, et toutes prennent la forme de démonstrations de force. Serait-ce la recette pour durer, dans une administration qui a vu défiler pas moins de six secrétaires à la Sécurité intérieure en quatre ans lors du premier mandat du milliardaire ?

« Homeland Barbie »

En défendant mordicus chacune des actions de l’ICE, la police de l’immigration, Kristi Noem a su s’attirer les bonnes grâces du dirigeant des États-Unis. En effet, cette ancienne égérie du Tea Party n’en finit plus de réagir sur X et de se mettre en scène, parfois vêtue de costumes en tous genres pour appuyer ses propos.

Casquette bleu marine estampillée « ICE » vissée sur la tête quand elle pose devant des prisonniers torses nus et tatoués au Salvador – et Rolex à 50 000 dollars au poignet –, gilet pare-balles kaki, mais aussi pompier, policier routier, plombier ou encore garde-côte : la liste est longue.

Plus Trump que Trump, Kristi Noem ne s’écarte jamais de la ligne de son président. Soutien à une émission de télé-réalité type « Hunger Games » pour migrants où les demandeurs d’asile devraient affronter une série d’épreuves télévisées à l’issue desquelles le vainqueur gagnerait son titre de résident permanent, appui à la guerre contre Harvard… Elle est même surnommée « Homeland Barbie » par des officiels texans – dont des Républicains – au moment des inondations de l’été 2025, après son absence de réaction pendant 72 heures au drame que vivait l’État.

Avant même le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la républicaine avait fait vivement réagir, même dans son propre camp, de par son autobiographie. Un récit dans lequel elle se vantait d’avoir elle-même abattu Cricket, son chiot, qu’elle n’arrivait pas à dresser comme elle le souhaitait pour la chasse.

Anti-confinement

Élue à la Chambre des représentants en 2010, puis gouverneure en 2018, Kristi Noem s’est particulièrement fait remarquer lors de la pandémie de Covid-19.

À rebours de toutes les recommandations en matière de port de masque et de confinement de la population, le Dakota du Sud refuse de se confiner, et devient même l’un des plus gros foyers d’infection du coronavirus aux États-Unis.

À l’époque, Kristi Noem justifie : « Le Dakota du Sud, ce n’est pas New York. » Elle en appelle à la « responsabilité personnelle » et au « bon sens » de chacun.

Rapidement habituée des plateaux de la très conservatrice chaîne Fox News, elle se met en scène, à moto, lors du rallye annuel de Sturgis, aux côtés de 500 000 autres motards. L’épisode permet au Covid-19 de se répandre massivement au-delà du Midwest. Pas de quoi effrayer cette fille de fermiers née dans l’État connu pour les visages présidentiels taillés dans la roche du Mont Rushmore. Lors de l’été 2020, elle organise le feu d’artifice voulu par le président au pied du Mont, assurant que chacun a le droit de mettre sa santé en danger.

Un temps pressentie pour être la vice-présidente de Donald Trump lors de sa campagne de 2024, le poste est finalement revenu à J. D. Vance. Elle sera tout de même récompensée en se retrouvant à la tête de l’un des plus importants départements de l’administration américaine.