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« Imaginez tout ce qu’ils cherchent encore à cacher » : l’affaire Epstein fragilise la procureure Pam Bondi

« Imaginez tout ce qu’ils cherchent encore à cacher » : l’affaire Epstein fragilise la procureure Pam Bondi

Alors que la loi imposait une transparence totale, le retrait de clichés sensibles relance l’accusation d’un verrouillage politique. Le département de la Justice jure que Trump n’est pas en cause.

Dans la capitale américaine, la colère fracture le pouvoir. La publication, pourtant légalement mandatée, des dossiers liés à Jeffrey Epstein a déclenché une tempête politique qui menace désormais la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi. Des élus, démocrates comme républicains, accusent le département de la Justice (DOJ) d’avoir retenu ou retiré des documents en violation flagrante de la loi, au point d’envisager une procédure d’impeachment contre les responsables de cette diffusion jugée tronquée.

Au cœur de la controverse : l’Epstein Files Transparency Act, texte adopté par le Congrès et signé par Donald Trump, qui imposait la divulgation d’un vaste corpus de documents d’enquête sur le financier déchu, mort en prison en 2019 alors qu’il attendait son procès pour trafic sexuel. Or, dès la mise en ligne des fichiers vendredi 19 décembre, les critiques ont fusé, dénonçant une publication saturée de ratures.

Si les démocrates parlent ouvertement de dissimulation, certains républicains se disent tout aussi ulcérés. Le représentant Ro Khanna (Californie), coauteur de la loi avec le libertarien Thomas Massie (Kentucky), accuse Pam Bondi d’avoir nié pendant des mois l’existence de nombreux documents, avant de livrer, sous la contrainte législative, « une publication incomplète, outrageusement expurgée », rapporte le Los Angeles Times.

Des photos centrales retirées

Comme si les réactions massives ne suffisaient pas, la polémique s’est envenimée après une révélation de Fox News Digital, selon laquelle les noms, non seulement des victimes, mais aussi de « personnalités politiquement exposées et de responsables gouvernementaux » auraient été masqués, ce que la loi n’autorise pas. Le département de la Justice dément fermement.

Mais le soupçon, déjà bien installé, s’est transformé en défiance avec la disparition temporaire d’un fichier jugé explosif : une série de photographies prises dans la résidence d’Epstein, montrant notamment un tiroir rempli d’images de Donald Trump entouré de femmes en maillot de bain. Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a dénoncé sur X ce qu’il qualifie de dérive majeure : « S’ils retirent cela, imaginez tout ce qu’ils cherchent encore à cacher. Cela pourrait être l’une des plus grandes dissimulations de l’histoire américaine. »

Un retrait qui n’a « rien à voir avec Trump »

Face à l’embrasement, le numéro deux du département de la Justice est monté au créneau. Le procureur général adjoint Todd Blanche a juré que le retrait des photographies « n’a rien à voir avec le président Trump » et répond exclusivement à des préoccupations formulées par des associations de défense des victimes.

« Nous ne disposons pas de toutes les informations », a-t-il reconnu dimanche 21 décembre sur NBC. « C’est pourquoi, lorsque des associations de défense des droits des victimes nous signalent ce type de photo, nous la retirons et menons une enquête. Cette enquête est toujours en cours. La photo sera remise en ligne, mais la seule question est de savoir si des passages seront masqués. »

Selon Todd Blanche, certaines images contenaient des photographies non expurgées de femmes susceptibles d’être identifiées, ce qui imposait, selon lui, une suspension temporaire de leur publication. NBC News a confirmé que quinze images avaient été retirées du site du DOJ samedi. Le responsable a également répondu aux accusations de non-respect du calendrier légal, affirmant que le retard tient exclusivement à la protection des victimes.