La Défense des États-Unis a décidé d’intégrer Grok, dans son réseau. Une IA qui accumule pourtant les casseroles depuis sa mise en ligne.
C’est désormais confirmé. L’intelligence artificielle d’Elon Musk, Grok, va être intégrée au sein du réseau du Pentagone. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth l’a annoncé lui-même ce lundi, confirmant les propos tenus par son ministère en juillet, qui avait signalé la signature d’un accord avec xAI, la start-up du milliardaire, d’un montant de 200 millions de dollars.
L’arrivée de Grok dans l’arsenal des outils du Pentagone survient dans un contexte bien particulier, explique SFGate : celui d’une initiative plus large visant à intégrer autant de données militaires que possible dans cette technologie en développement.
Lors d’un discours prononcé depuis SpaceX, la société de vols spatiaux de Musk, dans le sud du Texas, Pete Hegseth s’est ainsi félicité : « Très prochainement, nous disposerons des modèles d’IA les plus performants au monde sur tous les réseaux, classifiés ou non, de notre département. »
Il a soutenu qu’il « rendrait disponibles toutes les données pertinentes » issues des systèmes informatiques militaires pour « l’exploitation par l’IA », et que « l’IA n’est performante que si les données qu’elle reçoit sont de qualité, et nous allons nous assurer qu’elles le soient ».
Le tout, dans un contexte où, d’après lui, « nous avons besoin que l’innovation vienne de partout et évolue avec rapidité et efficacité ». L’arrivée de Grok au ministère est prévue dans les tout prochains jours.
L’IA du Pentagone « ne sera pas woke »
Grok est pourtant sous le feu des critiques, notamment depuis la multiplication de montages pornographiques de femmes sans leur consentement à la demande d’utilisateurs de X, mais aussi depuis les multiples discours haineux et mensongers répandus à plusieurs reprises par l’intelligence artificielle. Mais pour Pete Hegseth, les systèmes d’IA militaires doivent fonctionner « sans contraintes idéologiques limitant les applications militaires légales ». Le Secrétaire des États-Unis à la défense a martelé que l’IA du Pentagone « ne sera pas woke ».
Une rhétorique bien connue des adeptes de Grok : Elon Musk présente depuis toujours son outil comme une alternative aux interactions avec d’autres qu’il qualifie d’« IA woke » – sont notamment visés par ce terme ses concurrents, comme Gemini de Google, également utilisé par le Pentagone, ou ChatGPT d’OpenAI.
Cadre réglementaire
Une approche, notent encore nos confrères américains du SFGate, bien éloignée de celle de l’administration du prédécesseur de Donald Trump. Si Joe Biden incitait les agences fédérales à définir des politiques et des applications pour l’IA, il se montrait également vigilant quant à son utilisation abusive. Fin 2024, son administration avait même instauré un cadre réglementaire précis pour l’usage de l’IA.
Celui-ci enjoignait les agences de sécurité nationale à étendre leur utilisation des systèmes d’IA les plus avancés, tout en interdisant certaines applications – notamment celles qui violeraient les droits civiques protégés par la Constitution ou tout système automatisant le déploiement d’armes nucléaires. Dans un contexte de possibles ingérences étrangères et de cyberattaques, mais aussi d’inquiétudes sur la surveillance de masse, on ignore si ces interdictions sont toujours en vigueur sous l’administration Trump.

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