« Aujourd’hui, j’annonce l’opération Southern Spear. » Les mots de Pete Hegseth, lancés sur X, jeudi 13 novembre, ne signifient qu’une chose : les États-Unis et Donald Trump ne comptent pas lâcher la lutte contre le trafic de drogue en Amérique du Sud. « Southern Spear » (« lance du Sud », en français) est, selon le ministre de la Défense, vouée à « défendre notre patrie, élimine[r] les narcoterroristes de notre hémisphère et prot[é]ge[r] notre pays des drogues qui déciment notre population. L’hémisphère occidental est le voisinage de l’Amérique – et nous le protégerons. »
Cette annonce, dont les contours restent flous, intervient alors que l’administration du président américain conduit depuis le mois d’août une intense campagne militaire dans les Caraïbes et dans le Pacifique, dans ce qu’elle assure être une opération antidrogue. Une demi-douzaine de navires de guerre et des forces aériennes (notamment des chasseurs F-16) ont ainsi été mobilisés.
Le ministre de la Défense n’a pas détaillé ce qui différencie ces précédentes actions militaires, déjà lancées, de cette nouvelle opération. Cependant, selon CBS, de hauts responsables militaires ont présenté au président américain des options pour d’éventuelles opérations au Venezuela, y compris des frappes terrestres, qui pourraient être incluses dans l’opération.
Un porte-avions au large du continent
Une autre option serait sur la table. En janvier dernier, le Commandement des forces navales américaines pour le Sud (USSOUTHCOM) et la 4e flotte américaine avaient déjà lancé une mission nommée « Southern Spear ». Elle prévoyait le déploiement d’un ensemble de systèmes robotiques et autonomes (SRA) « pour faciliter la détection et la surveillance du trafic illicite », selon un communiqué de presse.
Navires de surface robotisés à longue durée de vie, vedettes interceptrices robotisées, aéronefs robotisés à décollage et atterrissage vertical étaient imaginés. Que se cache-t-il derrière les mots de Pete Hesgesth ? Le porte-avions le plus avancé de l’armée américaine, l’USS Gerald R. Ford, est arrivé au large du continent latino-américain.
Au cours des deux derniers mois, l’armée américaine a mené des frappes contre au moins 21 navires soupçonnés de transporter de la drogue d’Amérique du Sud vers les États-Unis. Au moins 80 trafiquants présumés ont été tués lors de ces frappes. « Mon conseil aux organisations terroristes étrangères est le suivant : ne prenez pas la mer », a déclaré Pete Hegseth. « Si vous faites du trafic de drogue pour empoisonner le peuple américain et que nous savons que vous appartenez à une organisation terroriste désignée, que vous êtes un terroriste ou un trafiquant étranger, nous vous trouverons et nous vous tuerons. »
Des informations contradictoires
L’armée vénézuélienne a annoncé, mardi, un déploiement « massif » dans tout le pays, contre « l’impérialisme » américain. Le Venezuela accuse Washington de prendre prétexte du narcotrafic « pour imposer un changement de régime » à Caracas et s’emparer de son pétrole. Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a évoqué de « solides indices » d’exécutions « extrajudiciaires ».
De son côté, Donald Trump a donné des indications contradictoires sur sa stratégie, évoquant par moments des frappes sur le sol vénézuélien et des jours comptés pour Nicolas Maduro, mais écartant aussi l’idée d’une guerre.

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