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L’Ukraine s’arme de filets de pêche bretons pour lutter contre les drones russes

L’Ukraine s’arme de filets de pêche bretons pour lutter contre les drones russes


Trois nouvelles personnes sont mortes, ce samedi 8 novembre, dans une nouvelle offensive russe, ont indiqué des responsables ukrainiens. Plus de trois ans et demi après le début de l’invasion russe, le pays continue d’essuyer de nombreuses attaques quasi-quotidiennes. Dans la nuit de vendredi à samedi, Moscou a lancé plus de 450 drones et 45 missiles, ciblant des sites énergétiques et d’autres infrastructures à travers l’Ukraine, a indiqué le président Volodymyr Zelensky.

Mais depuis plusieurs mois, Kiev peut désormais compter sur un soutien des plus étonnants : les pêcheurs bretons, qui ont trouvé une manière de donner une seconde vie à leurs filets de pêche usagés. Car après un ou deux ans à pêcher la lotte dans l’Atlantique, ces filets devenaient trop usés pour être réparés, explique The Guardian. Ils sont désormais utilisés pour capturer des drones russes.

À LIRE AUSSI EXCLUSIF. Les premières images d’un drone lance-flammes ukrainienL’envoi de ces filets en Ukraine n’est pas nouveau. Mais ils servaient, avant, aux médecins « pour protéger les camps proches du front. Aujourd’hui, ils sont utilisés sur les routes, les ponts, à l’entrée des hôpitaux », explique Christian Abaziou, 70 ans, responsable de la logistique pour l’association Kernic Solidarités, basée dans le Finistère. « C’est incroyable qu’une chose aussi simple fonctionne aussi bien », se réjouit-il dans les colonnes du quotidien britannique.

La Russie utilise des drones qui permettent d’avoir une vue à la première personne, similaires à ceux vendus sur le marché. Commandés à distance, ils sont ensuite remplis d’explosifs et sont dirigés vers leurs cibles. Les filets de pêche sont ainsi tendus entre des poteaux sur des centaines de kilomètres afin de protéger des routes ou des infrastructures, explique The Guardian. Les drones russes sont ainsi piégés dans ces filets. Mais Kiev va même plus loin en installant des morceaux de filets de pêche sur leurs drones qu’ils larguent ensuite sur les drones ennemis.

Des filets en crin de cheval

Il y a un peu plus d’un mois, l’association bretonne a envoyé 120 kilomètres de filets sur le front. Début novembre, ce sont 160 kilomètres de filets de pêche usagés qui sont partis protéger le territoire ukrainien, explique France 3 Bretagne. « On le fait de bon cœur. […] C’est un honneur de les aider et de sauver des vies », assure au média régional Jean-Jacques Tanguy, ex-président du comité des pêches du Finistère.

« Les Ukrainiens nous ont dit qu’ils ne voulaient pas n’importe quels filets », explique également Christian Abaziou, au Guardian. « Ils en ont reçu beaucoup qui ne leur servaient à rien. Ceux que nous leur envoyons sont faits de crin de cheval et utilisés pour la pêche en haute mer, notamment de la lotte », explique-t-il. Ce poisson est réputé pour être puissant et pour frapper les filets de manière violente.

À LIRE AUSSI En Ukraine, Poutine relance la guerre du chauffageMais après plusieurs allers-retours en Ukraine, l’association ne dispose plus de fonds supplémentaires pour envoyer davantage de filets en Ukraine. Des discussions sont en cours pour que Kiev affrète des camions et récupére ses cargaisons. « On les aidera à les rassembler et à les charger », annonce-t-il d’emblée à France 3, regrettant de ne pas pouvoir faire plus.

Mais cette initiative n’est pas la seule. Des pays comme la Suède ou le Danemark ont également envoyé sur le front des convois similaires. Solidarité européenne oblige.