Pour la première fois en tant que président de l’État de Palestine, Mahmoud Abbas est reçu officiellement à Paris par Emmanuel Macron, quelques mois après la reconnaissance de son État par la France. « C’est la première fois que je viens à Paris après la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France », explique Mahmoud Abbas dans un entretien au Figaro, soulignant l’importance symbolique et politique de cette visite.
La rencontre avec Emmanuel Macron, ce 11 novembre, vise à renforcer la coopération bilatérale et à préparer la mise en place d’un État palestinien pleinement reconnu, tout en discutant du cessez-le-feu à Gaza et du processus de paix basé sur la solution à deux États.
Gaza et le désarmement du Hamas au cœur des discussions
Parmi les mesures prévues pour Gaza, Mahmoud Abbas a notamment listé le retrait des forces israéliennes et le déploiement progressif des forces palestiniennes légitimes, accompagnées par une force internationale de stabilisation. « Le Hamas ne gouvernera pas Gaza et doit remettre toutes ses armes », affirme le président palestinien au Figaro. Le désarmement ne peut être réalisé par la seule force et nécessite un accord interpalestinien soutenu par des médiateurs et partenaires internationaux. Le Hamas pourrait continuer à exister politiquement uniquement s’il respecte les principes démocratiques et non militarisés de l’État palestinien, ajoute-t-il.
Mahmoud Abbas a également indiqué, en septembre dernier, vouloir travailler sur des réformes internes, notamment la réforme du système d’allocations aux familles de prisonniers et le réaménagement des programmes scolaires, en coopération avec l’Union européenne. Selon Paris, ces mesures visent à construire un État palestinien « démilitarisé et déradicalisé ».
Élections à venir et renforcement de la légitimité
Le président palestinien n’a pas organisé d’élections depuis 2006, après la victoire du Hamas au scrutin législatif, ce qui alimente la contestation en Cisjordanie. Mahmoud Abbas promet ainsi des élections présidentielle et législatives dans l’année suivant la conclusion d’un cessez-le-feu, et précise que seront exclus les candidats refusant de reconnaître Israël ou recourant à la violence. L’objectif affiché est d’assurer une gouvernance unifiée et transparente de l’État palestinien, fondée sur la légitimité internationale.
Au-delà de la symbolique, cette visite permet de poser les bases concrètes de la coopération bilatérale, de la reconstruction de Gaza et du renforcement de la gouvernance palestinienne. L’objectif est de construire un État palestinien capable de vivre aux côtés d’Israël dans le cadre d’une solution à deux États durable.

Partager :