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Peine de mort requise contre Yoon Suk-yeol : qu’est-ce qui est reproché à l’ex-président de la Corée du Sud ?

Peine de mort requise contre Yoon Suk-yeol : qu’est-ce qui est reproché à l’ex-président de la Corée du Sud ?

Lors du procès contre l’ancien dirigeant de la Corée du Sud, qui a tenté de déclarer la loi martiale fin 2024, l’accusation a requis la peine capitale.

La sanction réclamée est implacable. Ce mardi 13 janvier, l’accusation a requis la peine de mort contre l’ex-président de Corée du Sud Yoon Suk-yeol, estimant que l’ancien dirigeant conservateur avait « déclaré la loi martiale dans le but de rester au pouvoir en s’arrogeant les pouvoirs judiciaire et législatif ». Le verdict est attendu le 19 février.

D’après l’accusation, « la nature du crime est grave, car il a mobilisé des ressources qui n’auraient dû être utilisées que dans l’intérêt de la collectivité nationale », et l’ancien dirigeant n’a « aucune circonstance atténuante ».

Le procureur spécial Cho Eun-suk l’a assuré : Yoon Suk-yeol a organisé des troubles et tenté de déclarer illégalement la loi martiale le 3 décembre 2024, ce, alors que le pays n’était en aucun cas confronté à une urgence nationale. Le tout, pour satisfaire sa « soif de pouvoir visant à instaurer une dictature ».

Sept procès

De son côté, l’ex-président, destitué en avril 2025 après avoir dirigé le pays de 2022 à 2025, a réitéré son innocence dans sa déclaration finale. Il a martelé que son objectif était de mettre en évidence l’obstruction systématique de l’opposition – majoritaire à l’Assemblée nationale – aux propositions de son gouvernement. Étaient également jugés l’ex-ministre de la défense Kim Yong-hyun, le chef du renseignement militaire, Noh Sang-won, ainsi que l’homme à la tête de l’Agence nationale de la police Cho Ji-ho. Ceux-ci encourent de quinze ans de détention à la prison à vie.

Ce n’est pas la seule procédure judiciaire dans laquelle Yoon Suk-yeol est embourbé. Quatre procès couvrent sa tentative d’instaurer la loi martiale et ses conséquences, et trois autres portent sur des allégations d’abus de pouvoir et d’ingérence politique lors de son mandat – entre autres, il est accusé d’avoir envoyé des drones vers la Corée du Nord, dans l’espoir de provoquer une réaction violente chez Kim Jong-un.

Troisième ex-président condamné pour insurrection

Lors de sa tentative de déclarer la loi martiale, Yoon Suk-yeol a opéré un déploiement militaire à l’Assemblée nationale. Bien qu’aucun mort n’ait été à déplorer, cet événement a fait planer une menace profonde pour l’ordre constitutionnel, d’après le procureur spécial. Refus des convocations du procureur, non-présentation au tribunal, mise en place de barbelés sur plusieurs centaines de mètres autour de sa résidence… Le comportement de l’ex-dirigeant conservateur constitue, dans ce procès, une circonstance aggravante selon l’accusation.

S’il est reconnu coupable, Yoon Suk-yeol deviendra le troisième ex-dirigeant de la Corée du Sud à être condamné pour le crime d’insurrection, après les généraux Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo, pour un coup d’État en 1979.

En revanche, c’est la première fois qu’un président sud-coréen risque la peine capitale. En 1996, si Chun Doo-hwan avait dans un premier temps condamné à cette sentence après avoir ordonné le massacre de manifestants pro-démocratie en 1980, il avait finalement été condamné à de la prison à vie, avant d’être gracié. Si la peine de mort est toujours en vigueur dans le pays, aucune exécution n’a eu lieu en Corée du Sud depuis 1997.